Baux d'habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d'assurance et ordonner l'expulsion

Sens de la décisiontel que la source le qualifie

Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire)

En bref

Juridiction
Tribunal judiciaire de Lorient
Décision du
5 septembre 2025
Numéro de rôle
25/00280
Formation
13CH JCP CIVIL
Sections balisées
4 sur 4
Longueur
1 465 mots

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Faits et procédure

Qui s’oppose, sur quoi, et par quel chemin l’affaire est arrivée devant cette juridiction.

N° RG 25/00280 - N° Portalis DBZH-W-B7J-C52GC 13CH JCP CIVIL

N° MINUTE 2025/ N° ARCHIVES 2025/

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LORIENT

JUGEMENT DU 05 Septembre 2025

DEMANDEUR :

MORBIHAN HABITAT, demeurant [Adresse 2] représenté par Madame [G] munie d'un pouvoir

à :

DEFENDEUR :

Monsieur [Y] [W], demeurant [Adresse 1] non comparant, ni représenté

COMPOSITION DU TRIBUNAL :

PRÉSIDENCE : Elisabeth DORDAIN

GREFFIER : Claudine AUDRAN

DÉBATS : 18 Juin 2025

AFFAIRE mise en délibéré au : 05 Septembre 2025 par mise à disposition au greffe

Le 5/09/2025 :

Exécutoire à MORBIHAN HABITAT

Copie à [Y] [W] et Préfet du MORBIHAN

Prétentions et moyens des parties

Ce que chaque partie demande, et les arguments de droit sur lesquels elle l’appuie.

EXPOSE DU LITIGE

Par acte sous seing privé en date du 4 février 2022, [Localité 4] Habitat a consenti à monsieur [Y] [W] la location d'un appartement à usage d'habitation, sis [Adresse 3], moyennant le versement d'un loyer mensuel actualisé d'un montant de 426,66 euros, charges comprises.

Par acte de Commissaire de Justice en date du 10 avril 2025, Morbihan Habitat venant aux droits de Lorient Habitat a fait assigner monsieur [Y] [W] devant le Juge des Contentieux de la Protection du Tribunal Judiciaire de LORIENT.

Morbihan Habitat venant aux droits de [Localité 4] Habitat demande de :

Prononcer la résiliation du bail conclu entre les parties.

Ordonner l'expulsion de monsieur [Y] [W] et de tous occupants de son chef, au besoin par la force publique, après délivrance d'un commandement d'avoir à quitter les lieux.

Fixer l'indemnité d'occupation à un montant égal à celui du loyer mensuel actualisé, charges comprisesrévisablesconformément à la législation en vigueur jusqu'à la libération effective des lieux .

Condamner monsieur [Y] [W] à lui payer la somme de 3135,61 euros au titre des loyers et charges impayés, outre les loyers échus jusqu’à la date de la résiliation judiciaire et ce avec intérêts au taux légal.

Condamner monsieur [Y] [W] à lui payer la somme de 500 euros sur le fondement de l'article 700 du Code de Procédure Civile.

Bénéficier des dispositions de l'article 514 du code de procédure civile.

Condamner monsieur [Y] [W] aux dépens.

A l'appui de demande Morbihan Habitat venant aux droits de [Localité 4] Habitat expose :

- que les loyers et charges ont cessé d'être honorés, malgré diverses démarches amiables, - que monsieur [Y] [W] n'ayant pas régularisé les causes d'une mise en demeure de payer attirant attention sur le risque de saisine du Tribunal, il convient de prononcer la résiliation du bail.

A l'audience Morbihan Habitat venant aux droits de [Localité 4] Habitat actualise sa créance, au titre des loyers et charges impayés à la somme de 3368,51 euros.

Monsieur [Y] [W], non assigné à personne, ne se présente pas à l'audience, ni n'a été représenté.

Il n'a pas donné suite aux propositions de rendez-vous par le service social, en vue de l’évaluation de sa situation sociale et financière, spécialement destinée au Tribunal dans le cadre de la présente procédure de résiliation du bail.

Sur interrogation du Tribunal, Morbihan Habitat venant aux droits de Lorient Habitat déclare maintenir sa demande de résiliation du bail et s'opposer à d'éventuels délais de paiement ou de grâce et indique que monsieur [Y] [W] a donné son préavis pour le 21 juin 2025.

Motifs de la décision

Le raisonnement de la juridiction : ce qu’elle retient, ce qu’elle écarte, et pourquoi.

MOTIFS DE LA DÉCISION :

La procédure aux fins de résiliation du bail est régulière notamment au regard des dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989.

Sur la réclamation au titre des loyers et charges impayés :

Par application des dispositions de l'article 1353 du Code Civil celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver et réciproquement, celui qui se prétend libéré, doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation.

Morbihan Habitat venant aux droits de [Localité 4] Habitat réclame le paiement de l'arriéré des loyers et charges.

Il est versé aux débats l'engagement de location et le décompte des sommes réclamées, duquel il ressort une dette locative de 3368,51 euros à la date du 17 juin 2025 (mois de mai 2025 inclus).

Total dû : 3368,51 Euros

MAmir [W] ne justifie pas du paiement de cette somme.

Il convient en conséquence de condamner monsieur [Y] [W] à payer à Morbihan Habitat venant aux droits de [Localité 4] Habitat la somme de 3368,51 euros, au titre des loyers et charges impayés, décompte arrêté à la date du 17 juin 2025, outre les loyers échus jusqu’à la date du jugement, et ce avec intérêts au taux légal à compter de la date du 5 septembre 2025.

Sur la résiliation du contrat de bail :

Selon les dispositions de l'article 1227 du code civil, la résolution d'un contrat peut toujours être demandée en justice. L'article 1228 du même code dispose que le juge peut, selon les circonstances, constater ou prononcer la résolution ou ordonner l'exécution du contrat, en accordant éventuellement un délai au débiteur, ou allouer seulement des dommages et interêts. L'article 1741 du code civil précise que le contrat de louage se résout notamment par le défaut respectif du bailleur et du preneur de remplir leurs engagements.

Monsieur [Y] [W] a laissé impayées les échéances de loyer depuis plusieurs mois. Une mise en demeure de régler l'arriéré a été adressée le 11 février 2025, sans qu'un apurement de la dette locative ne s'en suive.

Le paiement régulier des loyers constitue l'une des obligations essentielles du contrat de louage d'immeuble. Aussi, sa violation continue et répétée peut justifier que soit prononcée la résiliation du bail.

Il convient en conséquence de prononcer la résiliation du contrat de bail à compter de la présente décision.

Sur l'expulsion du locataire:

Monsieur [Y] [W] étant sans droit ni titre il y a lieu de dire que son expulsion, ainsi que celle de tous occupants de son chef, pourra en conséquence être poursuivie, si besoin avec le concours de la force publique.

Sur l'indemnité d'occupation :

Le contrat de bail étant résilié à compter du jugement, il convient de fixer le montant de l'indemnité d'occupation due jusqu'à la libération définitive des lieux, à la somme mensuelle de 426,66 euros charges comprises, à compter de la date précitée.

Sur la notification de la résiliation du bail au préfet :

Compte tenu de la situation de monsieur [Y] [W] et en application des dispositions de l'article R 412-2 du desprocédures civiles d'exécution, il convient d'ordonner que le présent jugement sera transmis par les soins du greffe au représentant de l'état dans le département aux fins de prise en compte de la demande de relogement dans le cadre du plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées.

Sur l'exécution provisoire :

Par application des dispositions de l'article 514 du Code de Procédure Civile, l'exécution provisoire de la décision est de droit.

Sur l'application de l'article 700 du Code de Procédure Civile :

Par application des dispositions de l'article 700 du Code de Procédure Civile, le juge condamne la partie qui succombe à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. La décision tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée.

Il n'apparaît pas inéquitable au vu des situations économiques des parties de laisser à la charge de Morbihan Habitat venant aux droits de [Localité 4] Habitat ses frais irrépétibles sur le fondement de l'article 700 du Code de Procédure Civile.

Dispositif

Ce qui s’impose aux parties, dans les termes de la juridiction.

PAR CES MOTIFS :

Le Juge des Contentieux de la Protection, statuant après débats en audience publique, par décision réputée contradictoire et exécutoire, en premier ressort, mise à la disposition du public par le greffe :

Condamne monsieur [Y] [W] à payer à Morbihan Habitat venant aux droits de [Localité 4] Habitat la somme de TROIS MILLE TROIS CENT SOIXANTE-HUIT EUROS et CINQUANTE-UN CENTIMES (3368,51 €), au titre des loyers et charges impayés, décompte arrêté à la date du 17 juin 2025, outre les loyers et charges échus depuis cette date jusqu’au jour du jugement, le tout sous réserve des règlements effectués depuis lors et ce avec intérêts au taux légal à compter de la date du 5 septembre 2025.

Prononce la résiliation à la date du 5 septembre 2025, du bail conclu entre les parties.

Dit que l'expulsion de monsieur [Y] [W] et de tous occupants de son chef pourra être poursuivie, en tant que de besoin avec le concours de la force publique, à l'expiration d'un délai de deux mois suivant la délivrance d'un commandement d'avoir à quitter les lieux.

Fixe le montant de l'indemnité d'occupation due jusqu'à la libération définitive des lieux, à la somme mensuelle de QUATRE CENT VINGT-SIX EUROS ET SOIXANTE-SIX CENTIMES (426,66 €) charges comprises, à compter de la date du jugement.

Dit que par les soins du greffe, la présente décision sera transmise à Monsieur le Préfet du Département aux fins de prise en compte de la demande de relogement de monsieur [Y] [W] dans le cadre du plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées.

Dit n'y avoir lieu à l'allocation d'une somme sur le fondement de l'article 700 du Code de Procédure Civile.

Rappelle que l'exécution provisoire est de droit.

Condamne monsieur [Y] [W] aux dépens.

Le présent jugement a été signé par E.DORDAIN, Présidente d’audience et par C. AUDRAN Greffière.

LA GREFFIÈRE LA PRÉSIDENTE

Les textes cités

Les articles de codes et la convention collective que la décision mentionne, avec leur texte.

Questions fréquentes

Qu’a décidé Tribunal judiciaire de Lorient dans cette affaire ?

Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire). La juridiction a statué le 5 septembre 2025, sous le numéro 25/00280.

Cette décision est-elle publique ?

Oui. Elle provient de Judilibre, la base ouverte de la Cour de cassation, où les décisions sont diffusées après pseudonymisation des personnes physiques.

Puis-je citer cette décision ?

Le texte est reproduit tel que la juridiction l’a rendu, sans réécriture. La référence à citer est 25/00280. Acryos n’ajoute aucun commentaire au corps de la décision.

Source : Cour de cassation, Judilibre, Licence Ouverte 2.0

Le texte affiché est celui publié par la juridiction. Il n’est ni résumé ni reformulé : Acryos n’ajoute que les titres de section et la mise en page.