Accord du 15 décembre 2011 relatif à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences 2012-2014
Les participants aux états généraux de la presse écrite ont confirmé l'ambition et la volonté partagée de préserver l'un des biens précieux de la démocratie : une presse écrite indépendante et pluraliste.
La presse quotidienne régionale travaille dans une phase de mutation, entre papier imprimé et diffusion numérisée, à la recherche d'un nouvel équilibre entre ces supports distincts, sans qu'actuellement un modèle économique ne puisse être clairement établi, avec la nécessité de garantir une même qualité de contenu sur l'ensemble des publications.
Cette mutation s'accomplit dans un contexte où la plupart des titres de PQR sont intégrés dans des groupes de presse, dont le périmètre n'est pas encore finalisé, qui déterminent la stratégie et l'avenir des publications.
A ce propos, dans le présent accord, les parties retiennent le terme « entreprise » visant ainsi à désigner la diversité des formes juridiques d'organisation des sociétés.
Les évolutions technologiques en cours et l'émergence de nouveaux espaces d'activités professionnelles imposent la généralisation et l'amplification dans les entreprises de la démarche prospective de gestion des emplois et des compétences des salariés, dans le respect des conventions collectives de PQR, des accords collectifs respectifs et des dispositions législatives et réglementaires en vigueur.
Le présent accord s'inscrit dans une perspective de développement plurimédia des publications dans laquelle le papier imprimé et toute forme de diffusion numérisée coexisteront.
Confrontées depuis plusieurs années à des difficultés liées à une baisse de la diffusion auxquelles s'ajoute une crise du système économique sans précédent récent, les entreprises de presse d'information quotidienne doivent assurer leur pérennité et se prémunir contre la perte des compétences et savoir-faire des salariés en leur conservant toute capacité à en acquérir de nouveaux.
Parmi les principaux facteurs explicatifs de l'actuelle mutation de la presse quotidienne, on peut citer les points suivants :
1. Le changement profond des usages de lecture, observable depuis plusieurs années, porte atteinte au modèle économique traditionnel de la presse quotidienne en provoquant une baisse tendancielle d'utilisation du support papier. Cette évolution, antérieure à l'arrivée d'internet, semble s'accentuer au fur et à mesure de l'augmentation d'audience des supports numérisés ; il s'ensuit une absence de réelle visibilité sur la construction de nouveaux modèles économiques.
2. La remise en cause profonde des modèles de diffusion de la presse est liée à la révolution numérique qui multiplie les nouvelles concurrences (moteurs de recherche, agrégateurs de contenus, sites d'information de tous types…).
3. La pratique du numérique favorise une culture croissante de la gratuité d'accès à l'information qui fragilise la presse payante.
4. Les pertes importantes de parts de marché publicitaire, sans doute irréversibles pour les petites annonces, sont à l'origine d'une rupture des résultats d'exploitation.
Cependant, la numérisation de la production et de la diffusion de l'information doit permettre l'innovation et la mise au point de nouveaux projets éditoriaux. Elle ouvre des opportunités pour des développements complémentaires sur les différents supports de diffusion (papier, web, mobiles…).
Mais elle tend à brouiller les repères professionnels et pose une forte exigence de clarification des responsabilités dans l'élaboration des contenus éditoriaux et leur validation par les journalistes.
Elle induit une transformation des processus de fabrication des journaux, la mise en place de nouvelles organisations, impacte un grand nombre de métiers des entreprises de la branche, et nécessite, compte tenu notamment des développements plurimédia en cours, de préciser l'articulation et les coopérations entre métiers de l'ensemble des catégories travaillant dans les entreprises de presse.
Une telle évolution rend nécessaire l'élaboration d'une déontologie commune.
Dans ce contexte marqué par de fortes incertitudes, qui implique que la GPEC repose sur une réflexion partagée sur l'évolution de tous les métiers à l'œuvre dans les entreprises, les signataires affirment leur volonté d'inscrire leur action dans la durée, de poursuivre et renforcer une politique sociale construite à partir de négociations paritaires de branche.