Décision chambre du conseil (ouvertures)

En bref

Juridiction
Tribunal de commerce
Décision du
25 septembre 2025
Numéro de rôle
2025010776
Formation
CHAMBRE DU CONSEIL (OUVERTURES)
Sections balisées
2 sur 4
Longueur
1 192 mots

Demander à l’assistant

Motifs de la décision

Le raisonnement de la juridiction : ce qu’elle retient, ce qu’elle écarte, et pourquoi.

REPUBLIQUE FRANCAISE - AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

TRIBUNAL DE COMMERCE D'AIX-EN-PROVENCE

Jugement de redressement judiciaire sur assignation en date du 25/09/2025

Rôle n° 2025 010776

Prononcé par sa mise à disposition au greffe le 25/09/2025 (article 450 C.P.C.)

Composition du tribunal lors de l'audience du 25/09/2025

En la cause de

JALIS (SAS) [Adresse 1] 13 comparant par Maître Olivier TARI substitué par Maître Martin PRIOUX

contre

M. [M] [X] (EI) [Adresse 2] Non-comparant

Par exploit en date du 21/07/2025, JALIS (SAS) a fait assigner M. [M] [X] (EI), Entrepreneur Individuel, pour voir constater l'état de cessation des paiements, en vue de l'ouverture à son égard, d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire conformément aux articles L.631-5 et L.640-5 du code de commerce.

M. [M] [X] (EI) est immatriculé au registre du commerce et des sociétés d'Aix en Provence sous le numéro A [Numéro identifiant 1].

Lors de l'audience, la société JALIS (SAS) indique que le tribunal de commerce a rendu une ordonnance d'injonction de payer le 12 février 2024 à l'encontre de monsieur [M] [X] (EI) le condamnant aux sommes suivantes : * Somme principale de 11 620.00 euros. * Somme de 33.46 euros au titre des frais accessoires et des dépens.

Cette ordonnance a été signifié le 5 mars 2024 au débiteur qui ne s'est pas acquitté spontanément des sommes susmentionnées.

Le commissaire de justice a procédé à deux tentatives de saisie-attribution qui se sont avérées infructueuses.

En outre, la SAS JALIS rappelle qu'un commandement de payer aux fins de saisie-vente a été signifié le 26 novembre 2024 au débiteur, celui-ci étant resté sans effet.

Au regard de l'ensemble de ces éléments, la société JALIS (SAS) fait valoir que l'état de cessation des paiements de monsieur [M] [X] (EI) et sollicite l'ouverture, à titre principal d'une procédure de redressement judiciaire et, à titre subsidiaire, d'une procédure de liquidation judiciaire à son encontre.

Monsieur [M] [X] (EI) ne comparait pas en chambre du conseil, bien que dûment appelé.

Dans la présente affaire, monsieur [M] [X] (EI) relève du statut de l'entrepreneur individuel au sens de l'article L.526-22 du code de commerce.

Il y a lieu d'examiner, en application de l'article L.681-1 2° du code de commerce, si les conditions d'ouverture d'une procédure prévue au livre VI du code de commerce sont réunies en fonction du patrimoine professionnel de M. [M] [X] (EI)

Il résulte des documents produits aux débats ainsi que des explications recueillies lors de l'audience que monsieur [M] [X] (EI) se trouve donc dans l'impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible.

Il ressort de l'extrait d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés que monsieur [M] [X] (EI) exerçait son activité à domicile et qu'aucune cessation d'activité n'a été déclarée. L'hypothèse d'un changement de domicile/lieu d'exploitation et d'une poursuite d'activité ne peut être écartée.

IL résulte de cette analyse d'une part, que le redressement n'apparaît pas comme manifestement impossible et ne peut être proscrit.

D'autre part, qu'en l'absence de cessation d'activité avérée, il n'est pas fait application de l'article L.526-22 alinéa 8 du code de commerce relatif à la réunion des patrimoines personnel et professionnel.

Il revient enfin, au tribunal, de déterminer si monsieur [M] [X] (EI) est à titre personnel surendetté. L'absence totale d'élément relatif à la situation personnelle de ce dernier, amène la juridiction à considérer que les conditions du surendettement personnel de l'article L.681-1 2° du code de commerce, ne sont pas réunies.

Dans ces conditions et conformément à l'article L.681-2 II, le tribunal ouvre à l'encontre de monsieur [M] [X] (EI), une procédure de redressement judiciaire, dans la limite du seul patrimoine professionnel.

La cessation des paiements est fixée provisoirement au 25/09/2025, correspondant à la date à laquelle l'affaire a été évoquée en chambre du conseil.

Dispositif

Ce qui s’impose aux parties, dans les termes de la juridiction.

Par ces motifs,

Le tribunal, statuant publiquement, par décision la loi, réputé contradictoire rendue en premier ressort,

Vu les dispositions des articles L.526-22, L.681-1 et suivants du code de commerce, Vu les dispositions des articles L.631-1 et suivants du code de commerce,

Constate l'état de cessation des paiements de monsieur [M] [X] (EI),

Ordonne en conséquence, l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire prévue, par les articles L681-2 II et L.631-1 et suivants du code de commerce, à l'égard de monsieur [M] [X] (EI), dans la limite du seul patrimoine professionnel.

Désigne en qualité de :

Juge commissaire : Madame Nathalie FERRIÉ,

Juge commissaire suppléant: Monsieur Franck-Valéry BUFFET,

Mandataire judiciaire : SAS LES MANDATAIRES mission conduite par Maître [R] [K] [Adresse 3],

Commissaire de justice : SELARL KALIACT COUTANT ET ASSOCIES - [Adresse 4], prise en la personne de l'un de ses associés pour réaliser l'inventaire, en application des articles L.641-1et L.622-6 du code de commerce,

Invite le chef d'entreprise à réunir dans les 10 jours du présent jugement, le comité d'entreprise, les délégués du personnel ou, à défaut, les salariés pour qu'ils désignent le représentant des salariés dans les conditions prévues à l'article L.621-4 du même code,

Dit que le procès-verbal de désignation du représentant des salariés ou le procès-verbal de carence devra être immédiatement déposé au greffe du tribunal de commerce,

Fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 25/09/2025,

Fixe à 6 mois la durée maximale de la période d'observation, renouvelable, pendant laquelle sera dressé dans un rapport le bilan économique et social de l'entreprise par le débiteur,

Fixe au 18/11/2025 à 9 heures, la date à laquelle il sera statué sur ce rapport,

Ordonne la signification du présent jugement au débiteur et sa convocation par acte d'huissier de justice à l'audience précitée,

Enjoint à monsieur [M] [X] (EI) de produire lors de cette audience, et ce, afin de vérifier le bon déroulement de la période d'observation : * le bilan comptable de son dernier exercice certifié par son expert-comptable, * une situation comptable de la période d'observation, arrêtée à la date la plus proche possible de cette audience et certifiée par son expert-comptable, * l'attestation de son expert-comptable relative à l'absence de dettes relevant de l'article L.622-17 du code de commerce

étant précisé que l'absence de l'un de ces documents pourra conduire le tribunal à prononcer la liquidation judiciaire,

Fixe à 12 mois à compter du terme du délai imparti aux créanciers pour déclarer leurs créances, le délai dans lequel le mandataire judiciaire devra établir la liste des créances déclarées et la transmettre au juge commissaire,

Dit que le débiteur devra remettre, sans délai, au mandataire judiciaire la liste de ses créanciers, du montant de ses dettes, de ses principaux contrats en cours et l'informera des instances en cours auxquelles l'entreprise est partie,

Invite le débiteur, sous peine de sanctions commerciales, à coopérer avec le mandataire judiciaire et à ne pas faire obstacle au bon déroulement de la procédure,

Dit que les avis, les notifications ou les significations de cette décision ainsi que ceux qui interviendront dans la cadre de cette procédure devront s'effectuer à l'adresse suivante du chef d'entreprise :

M. [M] [X] (EI) [Adresse 2]

et, qu'en cas de changement d'adresse, le chef d'entreprise devra en informer immédiatement le greffe et le, mandataire judiciaire,

Ordonne au greffier de procéder, sans délai, à la publicité du présent jugement nonobstant toute voie de recours ainsi que l'emploi des dépens en frais privilégiés de la procédure collective.

Le président Madame Nathalie FERRIÉ

Le greffier.

Les textes cités

Les articles de codes et la convention collective que la décision mentionne, avec leur texte.

Questions fréquentes

Qu’a décidé Tribunal de commerce dans cette affaire ?

Le sens de la décision n’est pas qualifié par la source. Le texte intégral publié sur cette page permet de le lire dans les termes de la juridiction.

Cette décision est-elle publique ?

Oui. Elle provient de Judilibre, la base ouverte de la Cour de cassation, où les décisions sont diffusées après pseudonymisation des personnes physiques.

Puis-je citer cette décision ?

Le texte est reproduit tel que la juridiction l’a rendu, sans réécriture. La référence à citer est 2025010776. Acryos n’ajoute aucun commentaire au corps de la décision.

Source : Cour de cassation, Judilibre, Licence Ouverte 2.0

Le texte affiché est celui publié par la juridiction. Il n’est ni résumé ni reformulé : Acryos n’ajoute que les titres de section et la mise en page.