Baux d'habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d'assurance et ordonner l'expulsion

Sens de la décisiontel que la source le qualifie

Délibéré pour mise à disposition de la décision

En bref

Juridiction
Tribunal judiciaire de Marseille
Décision du
11 septembre 2025
Numéro de rôle
25/03563
Formation
0P3 P.Prox.Référés
Sections balisées
4 sur 4
Longueur
1 395 mots

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Faits et procédure

Qui s’oppose, sur quoi, et par quel chemin l’affaire est arrivée devant cette juridiction.

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE

Pôle de Proximité

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ

ORDONNANCE DU : 20 Novembre 2025 Président : Madame FATY, Vice-présidente Greffier : Madame BOINE, Greffier

Prétentions et moyens des parties

Ce que chaque partie demande, et les arguments de droit sur lesquels elle l’appuie.

Débats en audience publique le : 11 Septembre 2025

GROSSE : Le 20 novembre 2025 à Me SCHENONE Le ................................................... à Me ............................................... Le ................................................... à Me ............................................... EXPEDITION : Le .......................................................... à Me ...................................................... Le .......................................................... à Me ...................................................... Le ........................................................... à Me ......................................................

N° RG 25/03563 - N° Portalis DBW3-W-B7J-6SZX

PARTIES :

DEMANDERESSES

Madame [N] [I] veuve [L] née le 16 Mai 1930 à [Localité 4] domiciliée : chez CABINET SMG, [Adresse 2] représentée par Me Isabelle SCHENONE, avocat au barreau de MARSEILLE

Madame [P] [L] née le 13 Octobre 1969 à [Localité 4] domiciliée : chez CABINET SMG, [Adresse 2] représentée par Me Isabelle SCHENONE, avocat au barreau de MARSEILLE

DEFENDERESSE

Madame [J] [B] née le 29 Avril 1974 à [Localité 6] demeurant [Adresse 1] non comparante

Par acte de Commissaire de Justice en date du 17 juin 2025, Madame [N] [I] veuve [L] et Madame [P] [L] ont assigné Madame [J] [B] devant le juge des référés du pôle de proximité du Tribunal Judiciaire de MARSEILLE pour voir :

• constater la résiliation du bail en application de la clause résolutoire contenue au contrat;

• ordonner l’expulsion de Madame [B] et celle de tous occupants de son chef des lieux sis à [Adresse 5], au besoin avec le concours de la [Localité 3] Publique;

• condamner Madame [B] à leur payer :

-la somme provisionnelle de 4742,12 euros au titre des loyers et charges impayés arrêtés au mois de mai 2025;

-une somme égale au montant du dernier loyer et des charges au titre de l’indemnité mensuelle d’occupation jusqu'à libération complète des lieux;

-la somme de 1000,00 euros au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile outre les dépens.

A l'audience, Madame [I] veuve [L] et Madame [L] ont maintenu leurs demandes tout en produisant un décompte actualisé de leur créance qui s'élève à la somme de 6802,90 euros au titre des loyers et charges impayés arrêtés au 10 septembre 2025 dont elles sollicitent le paiement.

Le décompte actualisé sera pris en considération dans la mesure où dans leur assignation, Madame [I] veuve [L] et Madame [L] ont sollicité le paiement d'une indemnité d'occupation.

Madame [B], citée par procès-verbal de recherches infructueuses doublé d'une lettre recommandée avec accusé de réception, n'a pas comparu à l’audience, ni ne s'est faite représenter.

Motifs de la décision

Le raisonnement de la juridiction : ce qu’elle retient, ce qu’elle écarte, et pourquoi.

MOTIFS DE LA DECISION

Il résulte de l'article 472 du Code de Procédure Civile que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et que le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.

En application des articles 834 et 835 du Code de Procédure Civile, dans tous les cas d'urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend. Il peut, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire.

Sur la recevabilité de la demande:

L'article 24 III de la loi du 6 juillet 1989 dans sa rédaction issue de la loi du 27 juillet 2023 entrée en vigueur le 29 juillet 2023, dispose que "à peine d'irrecevabilité de la demande, l'assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée à la diligence du Commissaire de Justice au représentant de l'Etat dans le département au moins six semaines avant l'audience".

Madame [I] veuve [L] et Madame [L] produisent la dénonciation de l'assignation à la Préfecture en date du 17 juin 2025, soit six semaines au moins avant l'audience en date du 11 septembre 2025.

L'action de Madame [I] veuve [L] et de Madame [L] est donc déclarée recevable.

Sur la résiliation du bail:

Par acte sous seing privé en date du 5 décembre 2023, Madame [L] a consenti un bail d’habitation à Madame [B] pour un logement situé à [Adresse 5], dans lequel est insérée une clause résolutoire applicable de plein droit en cas de non-paiement des loyers et charges après un commandement resté impayé pendant deux mois.

Le montant du loyer était de 420,00 euros outre 30,00 euros de provisions sur charges.

Madame [B] ne réglant pas régulièrement ses loyers, Madame [I] veuve [L] et Madame [L] lui ont fait délivrer le 7 août 2024 un commandement d’avoir à payer les loyers de retard et visant la clause résolutoire du contrat de bail pour un montant de 730,68 euros hors frais.

Ce commandement est resté sans effet pendant plus de deux mois, en ce que les sommes dues n’ont pas été réglées dans ce délai.

Par conséquent, la clause résolutoire est acquise de plein droit et le bail résilié à la date du 7 octobre 2024.

En outre, Madame [B] qui n'a pas comparu à l'audience, n'a fait valoir aucun argument permettant d'infirmer cette demande et n'a pas davantage sollicité de délais de paiement.

Il convient par conséquent d’ordonner l’expulsion de Madame [B] et celle de tous occupants de son chef, si besoin est avec le concours de la force publique et de la condamner à payer à Madame [I] veuve [L] et Madame [L] la somme provisionnelle de 6592,80 euros au titre des loyers, indemnités d'occupation et charges impayés arrêtés au 10 septembre 2025, déduction faite des frais de procédure qui relèvent le cas échéant des frais et dépens et avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.

Madame [B] sera en outre condamnée à payer à Madame [I] veuve [L] et à Madame [L] une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer courant et des charges qui auraient été payés en cas de non résiliation du bail, au titre de l’occupation des lieux jusqu’à leur libération effective et remise des clés au propriétaire.

Sur l'exécution provisoire:

Il sera rappelé que les ordonnances de référé sont de plein droit exécutoires par provision en vertu des dispositions de l'article 514 du Code de Procédure Civile.

Sur les frais et dépens:

En application de l’article 696 du Code de Procédure Civile, Madame [B] conservera la charge des entiers dépens de l’instance, en ce compris le coût du commandement de payer.

En outre, Madame [B] sera tenue de payer à Madame [I] veuve [L] et Madame [L] la somme de 500,00 euros au titre des frais non compris dans les dépens.

PAR CES MOTIFS

Nous, Mme Corinne FATY Vice-Présidente du Pôle de Proximité du Tribunal Judiciaire de Marseille, statuant en qualité de juge des contentieux de la protection, après débats publics, par mise à disposition au greffe, par décision réputée contradictoire, rendue en premier ressort et en matière de référé,

Au principal, renvoyons les parties à mieux se pourvoir, mais dès à présent, par provision, tous droits et moyens des parties demeurant réservés,

DECLARONS RECEVABLE l'action de Madame [I] veuve [L] et de Madame [L];

CONSTATONS la résiliation de plein droit du bail liant les parties à la date du 7 octobre 2024 ;

Dispositif

Ce qui s’impose aux parties, dans les termes de la juridiction.

ORDONNONS l’expulsion de Madame [B] et celle de tous occupants de son chef, avec au besoin le concours de la force publique des lieux sis à [Adresse 5], passé le délai de deux mois à compter de la délivrance du commandement d'avoir à quitter les lieux par acte de Commissaire de Justice;

CONDAMNONS Madame [B] à payer à Madame [I] veuve [L] et Madame [L]:

• la somme provisionnelle de 6592,80 euros au titre des loyers, indemnités d'occupation et charges impayés arrêtés au 10 septembre 2025 avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision;

• une indemnité d’occupation égale au montant des loyers et charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail, et ce, jusqu’à libération effective des lieux et remise des clés au propriétaire;

CONDAMNONS Madame [B] à payer à Madame [I] veuve [L] et Madame [L] la somme de 500,00 euros au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile;

RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire de droit par provision;

CONDAMNONS Madame [B] aux entiers dépens, en ce compris le coût du commandement de payer en date du 7 août 2024;

AINSI PRONONCE PAR MISE À DISPOSITION AU GREFFE, LES JOUR MOIS ET AN QUE DESSUS ET ONT SIGNÉ À LA MINUTE LE PRÉSIDENT ET LE GREFFIER PRÉSENTS LORS DU PRONONCÉ, LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,

Les textes cités

Les articles de codes et la convention collective que la décision mentionne, avec leur texte.

Questions fréquentes

Qu’a décidé Tribunal judiciaire de Marseille dans cette affaire ?

Délibéré pour mise à disposition de la décision. La juridiction a statué le 11 septembre 2025, sous le numéro 25/03563.

Cette décision est-elle publique ?

Oui. Elle provient de Judilibre, la base ouverte de la Cour de cassation, où les décisions sont diffusées après pseudonymisation des personnes physiques.

Puis-je citer cette décision ?

Le texte est reproduit tel que la juridiction l’a rendu, sans réécriture. La référence à citer est 25/03563. Acryos n’ajoute aucun commentaire au corps de la décision.

Source : Cour de cassation, Judilibre, Licence Ouverte 2.0

Le texte affiché est celui publié par la juridiction. Il n’est ni résumé ni reformulé : Acryos n’ajoute que les titres de section et la mise en page.