Demande en garantie des vices cachés ou tendant à faire sanctionner un défaut de conformité

Sens de la décisiontel que la source le qualifie

Désigne un expert ou un autre technicien

En bref

Juridiction
Tribunal judiciaire de Bordeaux
Décision du
19 septembre 2025
Numéro de rôle
25/00933
Formation
PPP Référés
Sections balisées
4 sur 4
Longueur
1 426 mots

Demander à l’assistant

Faits et procédure

Qui s’oppose, sur quoi, et par quel chemin l’affaire est arrivée devant cette juridiction.

Du 19 septembre 2025

50D

SCI/jjg

PPP Référés

N° RG 25/00933 - N° Portalis DBX6-W-B7J-2OY2

[S] [F]

C/

[Y] [V]

- Expéditions délivrées à Me Cécile BOULE 2 copies au service des expertises,

- FE délivrée à

Le 19/09/2025

Avocats :Me Cécile BOULE

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BORDEAUX JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION Pôle protection et proximité [Adresse 2] - [Localité 4]

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 19 septembre 2025

PRÉSIDENT : Monsieur Julien BAUMERT-STORTZ, Juge

GREFFIER : Monsieur Jean-Jacques GERAUD,

DEMANDERESSE :

Madame [S] [F] née le 19 Juillet 1993 à [Localité 12] [Adresse 10] [Localité 5]

Représentée par Me Cécile BOULE (Avocat au barreau de BORDEAUX)

DEFENDEUR :

Monsieur [Y] [V] entrepreneur individuel » immatriculé au RCS de BORDEAUX sous n° [Numéro identifiant 8] et exerçant sous la dénomination « [V] [Y] et sous le nom commercial GOUDE AUTO, dont le siège social est situé [Adresse 9] [Localité 6], [Adresse 9] [Localité 6]

Absent

DÉBATS :

Audience publique en date du 04 Juillet 2025

Prétentions et moyens des parties

Ce que chaque partie demande, et les arguments de droit sur lesquels elle l’appuie.

PROCÉDURE :

Demande en garantie des vices cachés ou tendant à faire sanctionner un défaut de conformité en date du 22 Mai 2025

Articles 484 et suivants et 834 et suivants du Code de Procédure Civile

QUALIFICATION DE l’ORDONNANCE:

Réputée contradictoire et en premier ressort

EXPOSE DU LITIGE :

En date du 20 janvier 2024, Mme [S] [F] a acheté, auprès de M. [Y] [V] – exploitant l’enseigne « [V] [Y] », un véhicule d’occasion de marque RENAULT CLIO immatriculé [Immatriculation 13], pour un prix de 6.990 €.

Mme [S] [F] a, par la suite, constaté que le véhicule était affecté de divers désordres ou défauts qui ont nécessité un diagnostic réalisé le 25 janvier 2024.

Mme [S] [F] a mandaté le cabinet IDEA EXPERTISE afin de réaliser une expertise amiable du véhicule.

Dans son rapport en date du 24 avril 2024, l’expert a confirmé l’existence d’un dysfonctionnement du véhicule, et a estimé que la responsabilité de M. [Y] [V] était susceptible d’être engagée à ce titre.

Par acte de commissaire de justice en date du 22 mai 2025, Mme [S] [F] a saisi le juge des référés du tribunal de céans d’une demande dirigée contre M. [Y] [V].

A l’audience du 4 juillet 2025, Mme [S] [F], représentée par son conseil, demande au juge des référés d’ordonner une expertise judiciaire du véhicule délivré par M. [Y] [V], outre sa condamnation à lui verser la somme de 1.000 € au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.

Bien que régulièrement cité par acte déposé en étude, M. [Y] [V] n’a pas comparu et n’était pas représentée.

Motifs de la décision

Le raisonnement de la juridiction : ce qu’elle retient, ce qu’elle écarte, et pourquoi.

MOTIFS DE LA DECISION :

Attendu qu’il résulte des dispositions de l’article 145 du Code de Procédure Civile que s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé ;

Attendu qu’en cas de vente d’un véhicule d’occasion, et particulièrement entre un acheteur particulier, profane, et vendeur professionnel, ce dernier est tenu de délivrer un véhicule qui doit être exempt de tout dysfonctionnement, compromettant son utilisation normale, à moins que ce, ou ces dysfonctionnements n’aient été soulignés par le vendeur lors de la vente, ou n’aient été manifestement apparents, et qu’ainsi l’état détérioré du véhicule, au-delà de la seule usure inhérente à son ancienneté et à son kilométrage, n’ait expressément été intégré dans le champ contractuel défini par les parties ;

Que dans le cas contraire, l’existence de tels dysfonctionnements peuvent constituer un vice caché, affectant le véhicule au sens des dispositions sus visées ;

Que le véhicule livré doit également être conforme à ce qui a été convenu entre les parties ;

Attendu qu’en l’espèce, Mme [S] [F] verse aux débats la facture d’achat du 20 janvier 2024, ainsi que le rapport d’expertise amiable établi par le cabinet IDEA EXPERTISE ;

Que l’expert affirme dans ce rapport que le véhicule vendu présente des défauts qui le rendraient potentiellement impropre à son usage, qui pourraient être antérieurs à la vente, ou qui pourraient constituer des défauts de conformité, et, en tout état de cause, qui pourraient être susceptibles de justifier la mise en jeu de la responsabilité de M. [Y] [V] ;

Que dans ce contexte, et faute d’accord entre les parties préalablement à l’instance, Mme [S] [F] ayant justifié son intérêt légitime à la mesure d’expertise judiciaire, celle-ci sera, en conséquence, ordonnée ;

Attendu que les frais de cette expertise seront avancés par Mme [S] [F], qui l’a sollicitée ;

Attendu qu’il ne peut être considéré que M. [Y] [V] succombe en ses prétentions, les dépens seront laissés à la charge de Mme [S] [F], en application de l’article 696 du code de procédure civile ;

Qu’il convient de condamner M. [Y] [V] à verser à M. [Y] [V] la somme de 500 € au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;

Qu’il convient de constater l’exécution provisoire de la présente ordonnance, en application de l’article 514 du code de procédure civile ;

Dispositif

Ce qui s’impose aux parties, dans les termes de la juridiction.

PAR CES MOTIFS,

NOUS, JUGE DES REFERES,

Statuant publiquement, par ordonnance mise à disposition au greffe, réputée contradictoire,

ORDONNONS une mesure d’expertise ;

COMMETTONS Monsieur [D] [J], [Adresse 3] - [Localité 7], tel : [XXXXXXXX01] adresse électronique : [Courriel 11], expert inscrit sur la liste près la cour d’appel de BORDEAUX, avec pour mission, les parties entendues ou appelées, de :

se rendre sur les lieux de stationnement du véhicule de marque RENAULT CLIO immatriculé [Immatriculation 13], appartenant à Mme [S] [F], soit [Adresse 10] à [Localité 5], et procéder à son examen, en ayant convoqué les parties ; dire si ce véhicule est conforme au descriptif stipulé dans la facture du 20 janvier 2024 émise par M. [Y] [V] ; décrire les désordres et dysfonctionnements éventuellement constatés ; en déterminer l’origine, au besoin en recueillant toutes les informations nécessaires, et notamment l’existence d’interventions antérieures, réalisées ou non par des tiers ;

dire si, lors de la remise du véhicule, ce dernier était affecté de désordres le rendant potentiellement impropre à un usage normal et, dans ce cas, déterminer si ces désordres étaient décelables par l’acheteur, au besoin par un simple essai du véhicule sur route ; dire si, en l’état, le véhicule est en état de pouvoir circuler normalement et en toute sécurité pour son ou ses utilisateurs, et pour les autres usagers de la voie publique ; dans le cas contraire, déterminer la nature des éventuelles réparations à réaliser pour remédier aux désordres éventuellement constatés, et évaluer leur durée ; fournir tous les éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction de chiffrer le ou les préjudices éventuel (s) subi (s) par Mme [S] [F], et notamment le préjudice de jouissance ; s’adjoindre tout sapiteur de son choix en cas de besoin ; établir un compte entre les parties ; répondre aux dires des parties ;

DISONS qu’il sera procédé aux opérations d’expertise en présence des parties ou celles-ci dûment appelées et leurs conseils convoqués;

DISONS que l’expert disposera d’un délai de quatre mois à compter de sa saisine (date figurant sur l’avis de consignation) et sauf prorogation, pour déposer son rapport ;

FIXONS à la somme de 2.000,00 euros la provision que le demandeur, Mme [S] [F] devra consigner par virement sur le compte de la Régie du Tribunal Judiciaire de Bordeaux (Cf code BIC joint) mentionnant le numéro PORTALIS (figurant en haut à gauche sur la première page de la présente ordonnnance) dans le délai de 3 mois, faute de quoi l’expertise pourra être déclarée caduque, et ce à moins que ces parties ne soient dispensées du versement d’une consignation par application de la loi sur l’aide juridictionnelle, auquel cas les frais seront avancés par le Trésor ;

DISONS qu’en cas d’empêchement de l’expert, il sera pourvu à son remplacement par ordonnance sur requête ;

DISONS que l’expert désigné ne pourra recourir à un sapiteur que si Mme [S] [F] donne son accord exprès pour déposer un complément de consignation correspondant aux honoraires dudit sapiteur ;

CONDAMONS M. [Y] [V] à verser à Mme [S] [F] la somme de 500 € au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;

LAISSONS les entiers frais et dépens à la charge de Mme [S] [F] ;

CONSTATONS le caractère exécutoire de la présente ordonnance ;

La présente ordonnance est signée par le juge et le greffier

Ainsi jugé et prononcé, les jour, mois et an susdits.

LE GREFFIER LE PRÉSIDENT

Les textes cités

Les articles de codes et la convention collective que la décision mentionne, avec leur texte.

Questions fréquentes

Qu’a décidé Tribunal judiciaire de Bordeaux dans cette affaire ?

Désigne un expert ou un autre technicien. La juridiction a statué le 19 septembre 2025, sous le numéro 25/00933.

Cette décision est-elle publique ?

Oui. Elle provient de Judilibre, la base ouverte de la Cour de cassation, où les décisions sont diffusées après pseudonymisation des personnes physiques.

Puis-je citer cette décision ?

Le texte est reproduit tel que la juridiction l’a rendu, sans réécriture. La référence à citer est 25/00933. Acryos n’ajoute aucun commentaire au corps de la décision.

Source : Cour de cassation, Judilibre, Licence Ouverte 2.0

Le texte affiché est celui publié par la juridiction. Il n’est ni résumé ni reformulé : Acryos n’ajoute que les titres de section et la mise en page.