Baux d'habitation - Demande du bailleur tendant à faire constater la validité du congé et à ordonner l'expulsion
Baux d'habitationBaux d'habitation - Demande du bailleur tendant à faire constater la validité du congé et à ordonner l'expulsionSens de la décisiontel que la source le qualifie
Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire)
En bref
- Juridiction
- Tribunal judiciaire de Dax
- Décision du
- 7 juillet 2026
- Numéro de rôle
- 26/00197
- Formation
- JCP
- Sections balisées
- 4 sur 4
- Longueur
- 1 294 mots
Mots-clés
Demander à l’assistant
Faits et procédure
Qui s’oppose, sur quoi, et par quel chemin l’affaire est arrivée devant cette juridiction.
N° RG 26/00197 - N° Portalis DBYL-W-B7K-DLE5
RÉPUBLIQUE FRANCAISE _ AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE DAX
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
JUGEMENT DU 07 Juillet 2026
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
PRESIDENT : Adeline MUSSILLON GREFFIER : Delphine DRILLEAUD
DEMANDEUR(S) :
Monsieur [F] [U], demeurant [Adresse 1] représenté par Maître Nicolas LACOMME de la SELARL LACOMME AVOCAT, avocats au barreau de DAX
DÉFENDEUR(S) :
Madame [A] [L], demeurant [Adresse 2] comparante en personne
DÉBATS AUDIENCE PUBLIQUE : 02 Juin 2026
JUGEMENT MIS A DISPOSITION AU GREFFE : 07 Juillet 2026
copie délivrée à Me LACOMME Mme [L] DDETSPP
Prétentions et moyens des parties
Ce que chaque partie demande, et les arguments de droit sur lesquels elle l’appuie.
EXPOSE DU LITIGE
Selon acte sous-seing privé du 1er février 2020, Monsieur [F] [U]a donné à bail à Madame [A] [L] et Monsieur [G] [W] un logement situé [Adresse 2] (40).
Suite au départ de Monsieur [G] [W] le 16 juin 2023, Madame [A] [L] est devenue seule locataire.
Par courrier recommandé avec accusé de réception du 29 juillet 2025, Monsieur [F] [U] a fait délivrer à Madame [A] [L] un congé pour reprise, à effet au 1er février 2026.
Malgré le congé délivré, la locataire s’est maintenue dans les lieux.
Par acte du 26 novembre 2025, le bailleur a fait délivrer au preneur un commandement de payer les loyers visant la clause résolutoire prévue au bail.
Madame [A] [L] a depuis lors soldé sa dette locative.
Par acte du 10 avril 2026, Monsieur [F] [U] a assigné Madame [A] [L] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Dax afin de voir :
- juger le congé pour reprise du 29 juillet 2025 régulier et fondé et que Madame [A] [L] est occupante sans droit ni titre depuis le 1er février 2026, - ordonner en conséquence l’expulsion de Madame [A] [L] et de tout occupant de son chef, au besoin avec le concours de la force publique, - condamner Madame [A] [L] à lui verser la somme de 828 euros par mois à titre d’indemnité d’occupation à compter du 1er février 2026 jusqu’à son départ effectif des lieux en réparation du préjudice subi, - condamner Madame [A] [L] à lui verser la somme de 500 euros par mois à compter du 1er février 2026 jusqu’à son départ effectif des lieux en réparation du préjudice subi, - condamner Madame [A] [L] à payer à Monsieur [F] [U] une somme de 1800 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux entiers dépens de l’instance, en ce compris le coût du commandement du 26 novembre 2025.
A l’audience du 2 juin 2026, Monsieur [F] [U] représenté par son conseil a soutenu ses demandes.
Madame [A] [L] a exposé sa situation familiale et indiqué qu’elle était dans l’attente d’un logement HLM.
Motifs de la décision
Le raisonnement de la juridiction : ce qu’elle retient, ce qu’elle écarte, et pourquoi.
MOTIFS
Sur la validité du congé et la demande d’expulsion
Aux termes de l’article 15 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, lorsque le bailleur donne congé à son locataire, ce congé doit être justifié soit par sa décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux, notamment l'inexécution par le locataire de l'une des obligations lui incombant. A peine de nullité, le congé donné par le bailleur doit indiquer le motif allégué et en cas de reprise, les nom et adresse du bénéficiaire de la reprise ainsi que la nature du lien existant entre le bailleur et le bénéficiaire de la reprise qui ne peut être que le bailleur, son conjoint, le partenaire auquel il est lié par un pacte civil de solidarité enregistré à la date du congé, son concubin notoire depuis au moins un an à la date du congé, ses ascendants, ses descendants et ceux de son conjoint, de son partenaire ou de son concubin notoire. Lorsqu'il donne congé à son locataire pour reprendre le logement, le bailleur justifie du caractère réel et sérieux de sa décision de reprise. Le délai de préavis applicable au congé est de six mois lorsqu'il émane du bailleur. (...) Pendant le délai de préavis, le locataire n'est redevable du loyer et des charges que pour le temps où il a occupé réellement les lieux si le congé a été notifié par le bailleur.(...) En cas de contestation, le juge peut, même d'office, vérifier la réalité du motif du congé et le respect des obligations prévues au présent article. Il peut notamment déclarer non valide le congé si la non-reconduction du bail n'apparaît pas justifiée par des éléments sérieux et légitimes. (...) A l'expiration du délai de préavis, le locataire est déchu de tout titre d'occupation des locaux loués.
En l’espèce, Monsieur [F] [U] a fait délivrer par lettre recommandée avec demande d'avis de réception en date du 29 juillet 2025 à Madame [A] [L] un congé pour reprise, à effet au 1er février 2026.
Le congé ainsi délivré est régulier et Madame [A] [L] n’en conteste pas la validité.
Le congé ayant produit ses effets, il convient par conséquent de déclarer Madame [A] [L] déchue de tout titre d’occupation du logement loué depuis le 1er février 2026 et d’ordonner son expulsion.
A défaut pour Madame [A] [L] d'avoir volontairement quitté le logement deux mois après la signification du commandement d’avoir à libérer les lieux, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son fait, avec l'assistance de la force publique et d’un serrurier, si besoin est, en application des articles L. 412-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution.
Madame [A] [L] sera également condamnée au paiement d’une indemnité d’occupation égale au montant indexé du loyer et des charges, jusqu’à libération effective des lieux.
En revanche, Monsieur [F] [U] sera débouté de sa demande de dommages-intérêts qui n’est pas justifiée.
Sur les demandes accessoires
Madame [A] [L], partie perdante, sera condamnée aux entiers dépens par application de l'article 696 du code de procédure civile, en ce compris le coût du commandement du 26 novembre 2025.
Elle devra en outre verser au bailleur la somme de 300 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant par mise à disposition au greffe, par jugement contradictoire et en premier ressort,
VALIDE le congé délivré par Monsieur [F] [U] le 29 juillet 2025,
CONSTATE que Madame [A] [L] est occupante sans droit ni titre depuis le 1er février 2026,
ORDONNE en conséquence à Madame [A] [L] ainsi qu’à tous occupants de son chef, de libérer les lieux (restituer les clés) à compter de la signification du jugement,
DIT qu'à défaut pour Madame [A] [L] d'avoir volontairement quitté le logement deux mois après la signification du commandement d’avoir à libérer les lieux, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son fait, avec l'assistance de la force publique et d’un serrurier, si besoin est,
CONDAMNE Madame [A] [L] à verser à Monsieur [F] [U] une indemnité d'occupation mensuelle équivalente au montant du loyer et des charges, et ce jusqu'à libération effective des lieux matérialisée par la remise des clés ou par l'expulsion,
DEBOUTE Monsieur [F] [U] du surplus de ses demandes,
CONDAMNE Madame [A] [L] à verser à Monsieur [F] [U] la somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile,
CONDAMNE Madame [A] [L] aux entiers dépens de la présente procédure, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 26 novembre 2025,
La minute a été signée par le Juge et le Greffier aux jour, mois et an énoncés en en-tête.
Dispositif
Ce qui s’impose aux parties, dans les termes de la juridiction.
En conséquence, la République française mande et ordonne à tous les commissaires de justice sur ce requis, de mettre la présente décision à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
La Greffière, La Vice-présidente,
Delphine DRILLEAUD Adeline MUSSILLON
Les textes cités
Les articles de codes et la convention collective que la décision mentionne, avec leur texte.
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Questions fréquentes
Qu’a décidé Tribunal judiciaire de Dax dans cette affaire ?
Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire). La juridiction a statué le 7 juillet 2026, sous le numéro 26/00197.
Cette décision est-elle publique ?
Oui. Elle provient de Judilibre, la base ouverte de la Cour de cassation, où les décisions sont diffusées après pseudonymisation des personnes physiques.
Puis-je citer cette décision ?
Le texte est reproduit tel que la juridiction l’a rendu, sans réécriture. La référence à citer est 26/00197. Acryos n’ajoute aucun commentaire au corps de la décision.