Décision pcl - chambre du conseil

En bref

Juridiction
Tribunal de commerce de Cannes
Décision du
23 juin 2026
Numéro de rôle
2024L00697
Formation
PCL - Chambre du Conseil
Sections balisées
4 sur 4
Longueur
1 473 mots

Demander à l’assistant

Faits et procédure

Qui s’oppose, sur quoi, et par quel chemin l’affaire est arrivée devant cette juridiction.

TRIBUNAL DE COMMERCE DE CANNES

JUGEMENT DU 23 juin 2026

N° Minute: 2026L00357

N° PCL : 2023J00177

N° RG: 2024L00697

SELARL [H], représentée par Me [T] [H] Es/Q Liquidateur de SAS B&G AZUR contre M [W] [X]

DEMANDEUR

SELARL [H], représentée par Me [T] [H] Es/Q Liquidateur de SAS B&G AZUR [Adresse 1] [Localité 1] Représenté par Me Florence PUJOL [Adresse 2] [Localité 1]

DEFENDEUR

M. [W] [X] [Adresse 3]

Comparaissant en personne assisté de Me AUGIER substituant Me DARDE

en présence du Ministère public représenté par M. Julien PRONIER

Date des débats : 3 mars 2026 Délibéré annoncé au 23 juin 2026 Décision contradictoire et en premier ressort.

COMPOSITION LORS DES DEBATS ET DU DELIBERE : M. Thierry LEMALLE, Président, M. Gil CHENEVARD, M. Patrick FOGOLA, Juges, assistés de Mme Patricia CAREDDA Commis- Greffier de la SELAS VAN SANT, présent uniquement lors des débats.

Prononcé par mise à disposition au Greffe le 23 juin 2026

La minute a été signée par M. Thierry LEMALLE, Président du délibéré et Mme Patricia CAREDDA Commis-Greffier de la SELAS VAN SANT, présent lors du prononcé.

Prétentions et moyens des parties

Ce que chaque partie demande, et les arguments de droit sur lesquels elle l’appuie.

FAITS, PROCEDURE ET MOYENS DES PARTIES :

Par jugement en date du 12 septembre 2023 le Tribunal de Commerce de Cannes a ouvert une procédure de liquidation judiciaire à l'égard de SAS B&G AZUR [Adresse 4] Cannet est immatriculé(e) au Registre du Commerce et des Sociétés de Cannes sous le n° : 829 535 731 – 2021B480 exerçant l'activité de Etats des lieux d'appartements et de maisons, vides ou meublés.

Par assignation du 20 Septembre 2024, la SELARL [H] représentée par Me [T] [H] Es/Qualité de Liquidateur Judiciaire de la SAS B&G AZUR a assigné à comparaître à l'audience du Tribunal de Commerce de Cannes du 8 Octobre 2024 M. [W] [X] aux fins de :

Juger l'insuffisance d'actif de la société B&G AZUR est certaine à hauteur de la somme de 46.542 €.

Juger que M. [W] [X] a commis différentes fautes de gestion ayant contribué à l'insuffisance d'actif de la société B&G AZUR, consistant en des prélèvements et virements injustifiés, le détournement d'actifs et l'existence d'un compte courant débiteur.

Condamner en conséquence M. [W] [X] à payer à SELARL [H] prise en la personne de Me [D] [B] [H] es qualité de liquidateur de la société B&G AZUR la somme de 46.542 € au titre de l'insuffisance d'actif de ladite société.

Condamner M. [W] [X] au paiement, au profit société SELARL [H] prise en la personne de Me [T] [H], d'une somme de 3.000 € sur le fondement des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.

Ordonner l'exécution provisoire du jugement à intervenir.

Condamner M. [X] aux entiers dépens de l'instance.

Le Ministère Public avisé ;

Lors de cette audience : * Me [L] confirme les termes de ses conclusions et demande au Tribunal :

Juger l'insuffisance d'actif de la société B&G AZUR est certaine à hauteur de la somme de 46.542 €.

Juger que M. [W] [X] a commis différentes fautes de gestion ayant contribué à l'insuffisance d'actif de la société B&G AZUR, consistant en des prélèvements et virements injustifiés, le détournement d'actifs et l'existence d'un compte courant débiteur.

Condamner en conséquence M. [W] [X] à payer à SELARL [H] prise en la personne de Me [D] [B] [H] es qualité de liquidateur de la société B&G AZUR la somme de 46.542 € au titre de l'insuffisance d'actif de ladite société.

Débouter M. [X] de l'ensemble de ses demandes, fins et conclusions.

Condamner M. [W] [X] au paiement, au profit société SELARL [H] prise en la personne de Me [T] [H], d'une somme de 4.000 € sur le fondement des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.

Ordonner l'exécution provisoire du jugement à intervenir.

Condamner M. [X] aux entiers dépens de l'instance. * Me AUGIER substituant Me DARDE confirme les termes de ses conclusions et demande au Tribunal :

A titre principal,

DIRE ET JUGER que les prélèvements directement opérés au profit de Monsieur [X], à hauteur de 43.737 €, ne peuvent s'analyser en une faute de gestion ;

DIRE ET JUGER que les prélèvements opérés au profit de l'épouse de Monsieur [X], à hauteur de 47.000 €, seront appréciés par votre juridiction selon les éléments factuels rapportés ;

En conséquence, DEBOUTER la SELARL [H] agissant ès-qualités de Liquidateur judiciaire de la société B&G AZUR de l'intégralité de ses demandes, fins et conclusions ; A titre subsidiaire,

Dans l'hypothèse où votre juridiction entrerait en voie de condamnation, DONNER ACTE à Monsieur [X] qu'il s'en remet à justice quant à la proportionnalisation de la condamnation prononcée ;

En toutes hypothèses,

ECARTER l'exécution provisoire de la décision à intervenir en cas de condamnation de Monsieur [X] ;

CONDAMNER la SELARL [H], prise en la personne de Maître [T] [H], agissant ès-qualités de Liquidateur Judiciaire de la SAS B&G AZUR, à payer la somme de 3.000 € à Monsieur [X] au titre de l'article 700 du Code de procédure civile ;

CONDAMNER la SELARL [H], prise en la personne de Maître [T] [H], agissant ès-qualités de Liquidateur Judiciaire de la SAS B&G AZUR, aux entiers dépens; * Le juge-commissaire a transmis un rapport favorable à la demande présentée par la SELARL [H] représentée par Me [T] [H] es-qualité. * Le Ministère Public émet un avis favorable à la demande présentée par la SELARL [H] représentée par Me [T] [H] es-qualité.

Motifs de la décision

Le raisonnement de la juridiction : ce qu’elle retient, ce qu’elle écarte, et pourquoi.

SUR CE, LE TRIBUNAL :

Vu l'assignation de la SELARL [H], représentée par Me [T] [H] Es/Qualité de Liquidateur Judiciaire de la SAS B&G AZUR et les motifs y exposés ;

Vu les informations et les explications des parties recueillies à l'audience ;

Vu les réquisitions du Ministère Public ;

Vu l'article L. 651-2 et R 651-1 du Code de Commerce ;

Attendu que la société B&G AZUR a fait l'objet d'une liquidation judiciaire qui s'est soldée par une insuffisance d'actif à hauteur de 46542 euros ;

Attendu que Monsieur [X] [W] est poursuivi en raison des fautes de gestion qu'il aurait commis et qui auraient contribué l'insuffisance d'actif ;

Sur les faits constitutifs de fautes de gestion :

Attendu qu'il est reproché à Monsieur [X] [W], deux fautes :

La première, d'avoir effectué des versements au profit de son épouse, Madame [X], pour un montant de 47000 euros ;

La seconde, d'avoir effectué des versements à son profit, pour un montant de 43737 euros ;

a. Les versements à Madame [X] :

Attendu que le liquidateur relève le paiement, à Madame [X], d'une somme de 47000 euros, sans justification. Le défendeur ne conteste pas cette somme, il l'explique par la dégradation de la situation personnelle de Monsieur [X] [W] ; Attendu que le fait de procéder à des versements injustifiés au profit de son épouse constitue une faute de gestion, que celle-ci a nécessairement aggravé le passif de la société ;

b. Les versements au profit de Monsieur [X] [W] :

Attendu que le liquidateur relève le paiement, au profit de Monsieur [X] [W], d'une somme de 43737 euros. Le défendeur indique que les versements effectués rembourseraient le compte-courant de Monsieur [X] [W] ;

Attendu qu'lil apparaît cependant dans les pièces que le compte-courant de Monsieur [X] [W] était de 22790 euros au 31/12/2022 ;

Attendu qu'en toute hypothèse, le versement fait à Monsieur [X] [W] dépasse le montant du compte-courant d'associé dont il disposait ;

Certes le compte-courant d'associé peut être remboursé à tout moment, néanmoins, il ne peut pas l'être au détriment des autres créanciers ;

Attendu que le fait de procéder au remboursement du compte-courant d'associé au détriment des autres créanciers constitue une faute de gestion ;

Attendu qu'il y a donc lieu de condamner M. [W] [X] à payer à SELARL [H] prise en la personne de Me [D] [B] [H] es qualité de liquidateur de la société B&G AZUR la somme de 46.542 € au titre de l'insuffisance d'actif de ladite société.

Attendu qu'il y a lieu de condamner M. [W] [X] au paiement, au profit société SELARL [H] prise en la personne de Me [T] [H], d'une somme de 4.000 € sur le fondement des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile ;

Attendu qu'il y a lieu d'ordonner l'exécution provisoire du jugement à intervenir ;

Attendu qu'il y a lieu de condamner M. [X] aux entiers dépens de l'instance ;

Dispositif

Ce qui s’impose aux parties, dans les termes de la juridiction.

PAR CES MOTIFS :

Statuant par décision contradictoire et en premier ressort ;

Condamne M. [W] [X] [Adresse 5] [Localité 2] [Adresse 6] à payer à la SELARL [H] prise en la personne de Me [D] [B] [H] es qualité de liquidateur de la société B&G AZUR la somme de 46.542 € au titre de l'insuffisance d'actif de ladite société.

Condamne M. [W] [X] au paiement, au profit de la SELARL [H] prise en la personne de Me [T] [H], d'une somme de 4.000 € sur le fondement des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile ;

Ordonne l'exécution provisoire de la présente décision ;

Ordonne au Greffe la communication de la présente décision au Procureur de la République, conformément à l'article R 651-3 du Code de commerce ;

Ordonne au Greffe de procéder aux formalités de signification de la présente décision aux personnes sanctionnées, conformément à l'article R 662-1-1° du Code de commerce ; Condamne M. [W] [X] aux entiers dépens.

Les textes cités

Les articles de codes et la convention collective que la décision mentionne, avec leur texte.

Questions fréquentes

Qu’a décidé Tribunal de commerce de Cannes dans cette affaire ?

Le sens de la décision n’est pas qualifié par la source. Le texte intégral publié sur cette page permet de le lire dans les termes de la juridiction.

Cette décision est-elle publique ?

Oui. Elle provient de Judilibre, la base ouverte de la Cour de cassation, où les décisions sont diffusées après pseudonymisation des personnes physiques.

Puis-je citer cette décision ?

Le texte est reproduit tel que la juridiction l’a rendu, sans réécriture. La référence à citer est 2024L00697. Acryos n’ajoute aucun commentaire au corps de la décision.

Source : Cour de cassation, Judilibre, Licence Ouverte 2.0

Le texte affiché est celui publié par la juridiction. Il n’est ni résumé ni reformulé : Acryos n’ajoute que les titres de section et la mise en page.