Décision declarations de cessation des paiements

En bref

Juridiction
Tribunal de commerce
Décision du
9 avril 2026
Numéro de rôle
2026001936
Formation
DECLARATIONS DE CESSATION DES PAIEMENTS
Sections balisées
2 sur 4
Longueur
1 107 mots

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Motifs de la décision

Le raisonnement de la juridiction : ce qu’elle retient, ce qu’elle écarte, et pourquoi.

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

TRIBUNAL DE COMMERCE DE LA ROCHELLE N° rôle : 2026 001936

JUGEMENT DU NEUF AVRIL DEUX MILLE VINGT SIX

En date du 25/03/2026, monsieur [D] [I], né le [Date naissance 1] à [Localité 1], de nationalité française, demeurant [Adresse 1], agissant en qualité de président de CHARENTES PREFABRICATION [G] (SAS), immatriculée au RCS de [Localité 1] sous le numéro 380 398 701, travaux hydrauliques, dont le siège social se trouve sis [Adresse 2], a fait la déclaration de cessation des paiements prévue par la loi.

Le débiteur a été appelé à comparaître en chambre du conseil pour l'audience du 31/03/2026 à 10:00, accompagné le cas échéant de la personne habilitée à être entendue, conformément aux articles L.621-1, L.631-7, R.621-2 et R.631-7 du code de commerce.

COMPOSITION DU TRIBUNAL

Lors des débats et du délibéré, Monsieur Jean-Pierre DUCOL, Président, Messieurs Jean-Baptiste DAGREOU et Christophe GALINET, Juges, Assistés lors des débats par Maître Geoffroy d'Avout, Greffier,

Lors de l'audience du 31/03/2026, monsieur [D] [I], représentant légal, assisté de Maître Aude POULIQUEN, avocate au barreau de LA ROCHELLE-ROCHEFORT, a été entendu en ses explications lequel déclare :

Avoir un passif échu et exigible s'élevant à 134 794, 60 euros et ne pas avoir l'actif disponible pour y faire face,

Avoir 5 salariés à ce jour,

Etre toujours en activité,

Avoir un chiffre d'affaires H.T du dernier exercice au 31/03/2025 qui s'élève à 695 354 euros,

Solliciter l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire.

Le dirigeant expose que la société a subi une baisse progressive de son activité sur les 18 derniers mois liée au décalage de l'adoption du budget national et à la baisse des dotations, la société travaillant essentiellement avec les collectivités locales sur appel d'offre. De plus, avant les élections municipales, les communes ont tendance à repousser certains chantiers pour éviter les travaux sur leur commune, avec un fort rallongement des délais de traitement et de paiements des procédures d'appel d'offre, l'attribution est réalisée au bout de 6 mois contre 2 à 3 mois précédemment, ce qui a fragilisé la trésorerie à ce jour de 40000 euros.

Tout cela a eu un effet néfaste sur l'activité et accroit la concurrence, les entreprises élargissant leur zone d'intervention et les prix sont plus agressifs au détriment de marges.

Suite aux élections municipales, les communes devraient reprendre leurs investissements.

Sur l'audience, selon Procès-Verbal d'élection déposé, monsieur [V] [N], représentant des salariés, a été entendu.

CELA ETANT EXPOSE

Il ressort des pièces versées à l'appui de la déclaration de cessation des paiements, et des déclarations faites, que CHARENTES PREFABRICATION [G] (SAS) ne se trouve pas en mesure de faire face au passif exigible avec l'actif disponible dont elle dispose. Dans ces conditions, l'entreprise est en état de cessation des paiements et, en application de l'article L. 631-8 du code de commerce, il y a lieu de fixer provisoirement la date de cessation des paiements au 26/02/2026, date déclarée.

Il n'existe à ce stade aucun élément permettant de considérer que le redressement de la société serait impossible, voire qu'il est soutenu par le débiteur, de sorte qu'il y a lieu d'ouvrir une procédure de redressement judiciaire.

Il convient d'appliquer la procédure sans administrateur judiciaire prévue par les articles L621-4, L631-9, R621-11 et R631-16 du code de commerce, eu égard au montant du chiffre d'affaires hors taxes et au nombre de salariés de l'entreprise débitrice, existant au jour de la demande.

Dispositif

Ce qui s’impose aux parties, dans les termes de la juridiction.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, statuant par jugement contradictoire et en premier ressort, après en avoir délibéré conformément à la loi, hors la présence du ministère public et du greffier,

Vu le titre IV du code de commerce traitant des difficultés des entreprises, Vu les articles L.631-1 et suivants du code de commerce,

Constate l'état de cessation des paiements de CHARENTES PREFABRICATION [G] (SAS) ;

Prononce le redressement judiciaire de CHARENTES PREFABRICATION [G] (SAS) Travaux Hydrauliques [Adresse 3]

Inscrite au Registre du Commerce et des Sociétés de La Rochelle sous le numéro 380 398 701 ;

Constate que monsieur [D] [I], représentant légal, a été entendu ;

Constate que monsieur [V] [N], représentant des salariés, a été entendu ;

Fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 26/02/2026 ;

Ouvre

une période d'observation de six mois ;

Désigne Madame [W] [T] en qualité de juge-commissaire ;

Désigne

la SCP [L] [X] - prise en la personne de Maître [L] [X], [Adresse 4], en qualité de mandataire judiciaire ;

Désigne

Maître [C] [R] [Adresse 5], en qualité de commissaire de justice aux fins de réaliser l'inventaire du patrimoine du débiteur, prévus à l'article L.622-6 du code de commerce, ainsi que les garanties qui le grèvent ;

Dit que l'inventaire devra être déposé au greffe dans le délai d'un mois de la présente décision et qu'en cas de difficultés, il en sera référé au juge-commissaire ;

Dit

que le débiteur devra remettre sans délai au mandataire judiciaire, la liste de ses créanciers, du montant de ses dettes, de ses principaux contrats en cours et qu'il l'informera des instances en cours auxquelles l'entreprise est partie ;

Invite

le débiteur, sous peine de sanctions commerciales, à coopérer avec le mandataire judiciaire et à ne pas faire obstacle au bon déroulement de la procédure ;

Ordonne

le rappel de cette affaire le

MARDI 16 JUIN 2026 à 14 H 00

en la chambre du conseil sis [Adresse 6], 17000 LA ROCHELLE, afin qu'il soit statué sur la poursuite d'activité ou le prononcé de la liquidation judiciaire ;

Dit

qu'un premier rapport, dressé par le chef d'entreprise, précisant et justifiant conformément aux dispositions de l'article L 631-15 du code de commerce, que l'entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d'activité, sera déposé au greffe par le chef d'entreprise dix jours avant ladite audience, et notifié aux représentants du comité d'entreprise ou à défaut aux délégués du personnel, s'il y a lieu, au mandataire judiciaire, et communiqué au juge-commissaire et au Procureur de la République ;

Dit que le présent jugement tient lieu de convocation ;

Rappelle

au débiteur qu'il lui appartiendra de régler, dans le cadre de la période d'observation, au vu des relevés détaillés, d'une part au greffe les frais, taxes et débours concernant la procédure, et d'autre part, à la personne chargée des opérations d'inventaire, les frais relatifs à l'établissement de l'inventaire ;

Fixe à 12 mois après la parution du présent jugement au BODACC, le délai prévu par l'article L.624-1 du code de commerce ;

Ordonne au greffier de procéder sans délai à la publicité du présent jugement nonobstant toutes voies de recours ;

Passe les dépens en frais privilégiés de redressement judiciaire.

L'affaire a été plaidée le 31/03/2026, et a été mise en délibéré au 09/04/2026 en présence de Monsieur Jean-Pierre DUCOL, Président, Messieurs Jean-Baptiste DAGREOU et Christophe GALINET, Juges, et le jugement a été prononcé par mise à disposition au greffe et signé le 09/04/2026, par Monsieur Jean-Pierre DUCOL, Président, et le greffier.

Le Greffier

Le Président.

Les textes cités

Les articles de codes et la convention collective que la décision mentionne, avec leur texte.

Questions fréquentes

Qu’a décidé Tribunal de commerce dans cette affaire ?

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Puis-je citer cette décision ?

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Source : Cour de cassation, Judilibre, Licence Ouverte 2.0

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