Demande en paiement des loyers et charges et/ou tendant à la résiliation du bail et/ou à l'expulsion

Bail commercialDemande en paiement des loyers et charges et/ou tendant à la résiliation du bail et/ou à l'expulsion

Sens de la décisiontel que la source le qualifie

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

En bref

Juridiction
Tribunal judiciaire de Grasse
Décision du
30 mars 2026
Numéro de rôle
25/05280
Formation
1ére chambre B
Sections balisées
4 sur 4
Longueur
1 303 mots

Mots-clés

Demander à l’assistant

Faits et procédure

Qui s’oppose, sur quoi, et par quel chemin l’affaire est arrivée devant cette juridiction.

Date de délivrance des copies par le greffe : 1 EXP DOSSIER + 1 CCCFE et 1 CCC à Me MATHIEU-BROSSON

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE GRASSE

POLE CIVIL 1ère Chambre section B

JUGEMENT DU 30 Mars 2026

DÉCISION N° 2026/

N° RG 25/05280 - N° Portalis DBWQ-W-B7J-QOPC

DEMANDERESSE :

S.C.I. SCI ESPANOL, inscrite au RCS d’Antibes sous le numéro 522 829 555, prise en la personne de son représentant légal en exercice, Mme [A] [V]. 168 Avenue de la Liberté 06220 VALLAURIS

représentée par Me Mathieu NADAL de l’AARPI FERRONI - NADAL, avocats au barreau de TOULON, avocat plaidant, Me Camille MATHIEU-BROSSON, avocat au barreau de GRASSE, avocat postulant

DEFENDERESSE :

S.A.S.U. EGMR, inscrite au RCS de Grasse sous le numéro 878 970 185, prise en la personne de son représentant légal en exercice, M. [C] [Z]. 120 Chemin des Clausonnes 06560 VALBONNE

non comparante, ni représentée

COMPOSITION DU TRIBUNAL : JUGE UNIQUE

Président : Monsieur Côme JACQMIN, Premier Vice-Président

Greffier : Monsieur Thomas BASSEZ

Vu les articles 801 à 805 du code de procédure civile, et sans demande de renvoi devant la formation collégiale.

DÉBATS :

Vu la clôture de la procédure en date du 26 Novembre 2025 ;

A l’audience publique du 05 Janvier 2026,

Après débats, l’affaire a été mise en délibéré, avis a été donné aux parties par le tribunal que le jugement serait prononcé par la mise à disposition au greffe à la date du 30 Mars 2026.

Prétentions et moyens des parties

Ce que chaque partie demande, et les arguments de droit sur lesquels elle l’appuie.

*****

EXPOSÉ DU LITIGE :

Par sous signatures privées en date du 2 septembre 2019, la SCI ESPANOL a donné à bail à la SASU EGMR des locaux à bail en vue d’un usage professionnel, à savoir l’exercice de la profession d’électricien, moyennant un loyer mensuel hors taxes et hors charges de 670 € par mois, outre des charges fixées forfaitairement à 90 € par mois.

Le 15 mai 2025 elle a fait délivrer un commandement de payer visant la clause résolutoire introduite dans le bail, pour obtenir le paiement de la somme de 2 474,00 € en principal.

Par acte de commissaire de justice en date du 20 octobre 2025, la SCI ESPANOL a fait assigner la SASU EGMR afin de voir constater la résiliation du bail et ordonner l’expulsion de la SASU EGMR, avec condamnation sous astreinte de 50 € par jour de retard de remettre les clefs, outre sa condamnation à lui payer :

-arriéré locatif arrêté au 15 juin 2025 : 3 386,00 € -indemnité d’occupation mensuelle à compter du 16 juin 2025 jusqu’à la libération des lieux : 912,00 €

Elle demande en outre la condamnation de la défenderesse au paiement des dépens, dont le coût du commandement de payer, outre une indemnité au titre de ses autres frais de procédure en application de l’article 700 du code de procédure civile, soit la somme de 1 500 €.

La SASU EGMR a été assignée par acte déposé en l’étude du commissaire de justice qui délivré l’acte et qui indique avoir vérifié l’adresse de la destinataire par la présence de son nom sur la boite aux lettres. Elle n’a pas constitué avocat. L’affaire a été renvoyée au juge de la mise en état.

Par ordonnance du 26 novembre 2025 l’instruction a été déclarée close et l’affaire fixée à l’audience de plaidoirie le 5 janvier 2026.

A l’issue des débats les parties comparantes ont été informées de la date de mise à disposition du jugement au greffe en application de l’article 450 du code de procédure civile.

Motifs de la décision

Le raisonnement de la juridiction : ce qu’elle retient, ce qu’elle écarte, et pourquoi.

MOTIFS DE LA DÉCISION :

Qualification :

L’intérêt du litige excède 5 000 €. Le jugement est susceptible d’appel.

La société défenderesse, dont l’adresse ressort des extrais du registre du commerce et des sociétés versés aux débats et qui a été assignée régulièrement dans les formes rappelées à l’exposé du litige, est non comparante, faute d’avoir constitué avocat.

Le jugement sera donc réputé contradictoire et devra, sous peine de caducité, être signifié à la défenderesse non comparante dans les 6 mois de sa mise à disposition.

Lorsque le défendeur ne comparaît pas, le juge ne fait droit à la demande que si elle apparaît régulière, recevable et bien fondée.

Sur la résiliation :

Le contrat de location de locaux à usage professionnel est versé aux débats. Il est destiné à l’exercice de l’activité artisanale d’électricien. Il comporte une clause résolutoire qui prévoit expressément la résiliation de plein droit en cas de défaut de paiement du loyer et charges au terme convenu, un mois après la délivrance d’un commandement visant la dite clause et resté infructueux.

Le commandement de payer délivré le 15 mai 2025 vise une créance arrêtée au 1er mai 2025, de 2 474 €, charges et TVA incluse.

Selon le décompte de la SCI ESPANOL non contredit, la créance s’élève à 3 144 € au 1er juin 2025, le loyer de juin étant encore impayé. Les loyers de juillet et août 2025 ne sont pas non plus payés.

Les effets de la clause résolutoire, c’est-à-dire la résiliation du bail, sont donc acquis à la date du 15 juin 2025, la créance s’élevant alors à 3 386,00 € au titre des loyers échus au 1er juin 2025.

Expulsion :

La SASU EGMR étant occupante sans droit ni titre par suite de la résiliation du bail, il convient de lui ordonner de quitter les lieux sans délais sous astreinte dans les conditions fixées au dispositif et d’ordonner son expulsion.

Indemnité d’occupation :

L’occupation sans droit ni titre constitue au détriment du propriétaire un enrichissement sans cause qui justifie indemnisation à hauteur du montant des loyers et charges convenus.

Exécution provisoire :

Le présent jugement est de plein droit exécutoire nonobstant appel. L’exécution provisoire n’étant pas incompatible avec la nature de l’affaire, il n’y a pas lieu d’en écarter l’application.

Dépens et frais irrépétibles :

Selon l’article 696 du code de procédure civile, sauf décision contraire du juge, la ou les parties perdantes supportent les frais limitativement énumérés par l’article 695 qui constituent des dépens.

Selon l’article 700 de ce même code, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l'autre partie une indemnité au titre des autres frais exposés pour les besoins de la procédure. Dans tous les cas, le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée.

La SASU EGMR succombe et supportera par conséquent les dépens. La somme de 1 500,00 € sera allouée à la SCI ESPANOL en application de l’article 700 sus-visé.

Dispositif

Ce qui s’impose aux parties, dans les termes de la juridiction.

PAR CES MOTIFS :

Le tribunal, statuant après débats publics, par jugement réputé contradictoire, par mise à disposition au greffe, et à charge d’appel :

Constate la résiliation du bail conclu entre la SCI ESPANOL et la SASU EGMR selon acte sous signatures privées en date du 2 septembre 2019 portant sur des locaux à usage professionnels situés 120, chemin des Clausonnes à VALBONNE -06 ;

Ordonne à la SASU EGMR de libérer les lieux sans délai à compter de la signification du présent jugement, sous astreinte de 50 € par jour de retard ;

Ordonne à défaut de remise volontaire des lieux son expulsion et celle de tous occupants de son chef selon les modalités prévues par le code des procédures civiles d’exécution ;

Condamne la SASU EGMR à payer à la SCI ESPANOL les sommes suivantes :

-3 386,00 € au titre des loyers, charges et TVA échus au 15 juin 2025, terme du mois de juin 2025 inclus avec intérêt au taux légal à compter du 15 mai 2025 sur la somme de 2 474 € et à compter du 20 octobre 2025 pour le surplus ; -760,00 € à titre d’indemnité d’occupation, charges incluses, outre les taxes applicables, à compter du 1er juillet 2025 et jusqu’à parfaite libération des lieux loués ;

Rappelle que le jugement est exécutoire de plein droit nonobstant appel ;

Condamne la SASU EGMR à payer à la SCI ESPANOL 1 500,00 € en application de l’article 700 du code de procédure civile ;

Condamne la SASU EGMR aux dépens, en ce compris les frais du commandement de payer du 15 mai 2025.

Et le président a signé avec le greffier

LE PRÉSIDENT LE GREFFIER

Les textes cités

Les articles de codes et la convention collective que la décision mentionne, avec leur texte.

Décisions proches

Rapprochées par leur thème, pas par leur contenu : lisez-les avant de conclure.

Demande en paiement des loyers et charges et/ou tendant à la résiliation du bail et/ou à l'expulsion

23/10/2026
Tribunal judiciaire de Marseille · 26/03023

SUR QUOI, NOUS, JUGE DES REFERES, L’article 472 du code de procédure civile dispose que : « Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien…

Bail commercialDemande en paiement des loyers et charges et/ou tendant à la résiliation du bail et/ou à l'expulsion

Demande en paiement des loyers et charges et/ou tendant à la résiliation du bail et/ou à l'expulsion

23/10/2026
Tribunal judiciaire de Rennes · 26/00476

FAITS ET PROCEDURE Par acte sous signature privée en date du 17 novembre 2020, l'Office public de l'habitat de [Localité 1] métropole (le bailleur) a donné à bail commercial à la société à responsabilité limitée (SARL) EPI service primeur (le preneur) un local…

Bail commercialDemande en paiement des loyers et charges et/ou tendant à la résiliation du bail et/ou à l'expulsion

Demande en paiement des loyers et charges et/ou tendant à la résiliation du bail et/ou à l'expulsion

23/10/2026
Tribunal judiciaire de Marseille · 26/03153

SUR QUOI, NOUS, JUGE DES REFERES, Sur la résiliation du bail commercial L’article 835 du code de procédure civile dispose que dans le cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, le juge des référés peut accorder une provision au créa…

Bail commercialDemande en paiement des loyers et charges et/ou tendant à la résiliation du bail et/ou à l'expulsion

Demande en paiement des loyers et charges et/ou tendant à la résiliation du bail et/ou à l'expulsion

23/10/2026
Tribunal judiciaire de Marseille · 26/02948

MOTIFS Aux termes de l'article 472 du Code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparait pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne fait droit à la demande que s'il l'estime régulière, recevable et bien fondée. Sur la demande relative à l’ac…

Bail commercialDemande en paiement des loyers et charges et/ou tendant à la résiliation du bail et/ou à l'expulsion

Questions fréquentes

Qu’a décidé Tribunal judiciaire de Grasse dans cette affaire ?

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur. La juridiction a statué le 30 mars 2026, sous le numéro 25/05280.

Cette décision est-elle publique ?

Oui. Elle provient de Judilibre, la base ouverte de la Cour de cassation, où les décisions sont diffusées après pseudonymisation des personnes physiques.

Puis-je citer cette décision ?

Le texte est reproduit tel que la juridiction l’a rendu, sans réécriture. La référence à citer est 25/05280. Acryos n’ajoute aucun commentaire au corps de la décision.

Source : Cour de cassation, Judilibre, Licence Ouverte 2.0

Le texte affiché est celui publié par la juridiction. Il n’est ni résumé ni reformulé : Acryos n’ajoute que les titres de section et la mise en page.