Baux d'habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d'assurance et ordonner l'expulsion

Sens de la décisiontel que la source le qualifie

Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire)

En bref

Juridiction
Tribunal judiciaire de Saverne
Décision du
13 janvier 2026
Numéro de rôle
25/00191
Formation
MOLSHEIM - Civil
Sections balisées
4 sur 4
Longueur
862 mots

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Faits et procédure

Qui s’oppose, sur quoi, et par quel chemin l’affaire est arrivée devant cette juridiction.

COUR D'APPEL DE COLMAR

JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 9]

TRIBUNAL DE PROXIMITÉ DE [Localité 8]

[Adresse 2] [Adresse 5] [Localité 4]

_________________________ N° RG 25/00191 - N° Portalis DB2D-W-B7J-CSZX _________________________

Minute N° 2026/0013

JUGEMENT DU 13 Janvier 2026 __________________________________________

PARTIE DEMANDERESSE :

S.C.I. AM, dont le siège social est sis [Adresse 3] représentée par Me Judie PACHOD, avocat au barreau de STRASBOURG

PARTIE DÉFENDERESSE :

M. [Z] [F], demeurant [Adresse 1] représenté par Me Mohamed AACHOUR, avocat au barreau de STRASBOURG, avocat plaidant

DÉBATS :

A l'audience publique du 09 Décembre 2025

COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS :

Françoise REINHARDT, Président Myriam WIRTZ, Greffier

JUGEMENT :

Mis à disposition au greffe, Rendu par décision Contradictoire, en premier ressort, Signé par Françoise REINHARDT, Juge et Myriam WIRTZ, Greffier.

Nature de l'affaire : Baux d'habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d'assurance et ordonner l'expulsion

exécutoire au demandeur - défendeur

copie au demandeur - défendeur

le

Prétentions et moyens des parties

Ce que chaque partie demande, et les arguments de droit sur lesquels elle l’appuie.

EXPOSÉ DU LITIGE

Par contrat du 1er août 2023, la S.C.I. AM a consenti à monsieur [Z] [F] un bail portant sur un local à usage d'habitation situé à [Adresse 6], moyennant un loyer mensuel de 830 euros.

Par acte de commissaire de justice délivré le 16 juillet 2025, elle a fait citer son locataire devant le juge des contentieux de la protection auquel elle demande de constater, subsidiairement prononcer, la résiliation du bail, d'ordonner l'expulsion du défendeur sous astreinte et de le condamner à lui payer les sommes suivantes :

5 810 euros au titre de l'arriéré locatif, avec intérêts au taux légal à compter de chaque échéance mensuelle ;- une indemnité d'occupation mensuelle de 830 euros à compter de la résiliation du bail et jusqu'à restitution effective des lieux, sous réserve du décompte de charges définitif ; - 1 000 euros par application de l'article 700 du code de procédure civile ; - les dépens comprenant le coût du commandement.

M. [F] expose qu'il est actuellement incarcéré, ce qui est à l'origine de l'arriéré locatif.

Il demande l'octroi de délais de paiement et le maintien du bail pour lui permettre de retrouver un logement lorsqu'il aura purgé sa peine.

Motifs de la décision

Le raisonnement de la juridiction : ce qu’elle retient, ce qu’elle écarte, et pourquoi.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Sur la demande en résiliation du bail :

Le bail signé par les parties contient une clause résolutoire qui prévoit que la location est résiliée de plein droit pour défaut de paiement de loyer ou des charges aux termes convenus.

Par acte de commissaire de justice du 25 février 2025, le bailleur a fait signifier à son locataire un commandement de payer un arriéré de loyers s'élevant à 1 660 euros dans un délai de six semaines.

Ce commandement se réfère à la clause de résiliation insérée dans le bail.

Les causes du commandement n'ont pas été réglées dans le délai imparti.

Dans ces conditions, la clause résolutoire est acquise au bailleur depuis le 8 avril 2025 et les locaux loués devront être évacués.

Sur la demande en paiement de l'arriéré :

Le bailleur produit un décompte actualisé faisant apparaître un arriéré de 7 960 euros à fin décembre 2025.

Monsieur [F] sera condamné au paiement de ce montant, avec intérêts au taux légal à compter de ce jour.

Sur la demande en paiement d'une indemnité d'occupation :

L'indemnité d'occupation, due jusqu'à évacuation complète des lieux et remise des clés, sera fixée à 830 euros, sans qu'il y ait lieu de réserver les droits du bailleur quant aux charges, le bail n'en prévoyant pas.

Sur la demande de délais :

Si la loi du 6 juillet 1989 permet au juge d'accorder des délais au locataire et de suspendre les effets de la clause résolutoire pendant le cours de ces délais, cette faculté n'est ouverte qu'à la condition que le locataire :

- ait repris le paiement du loyer courant au jour de l'audience ; - soit en mesure d'apurer l'arriéré locatif.

En l'espèce, M. [F] n'a pas repris le paiement du loyer courant ; il ne produit aucune pièce pour justifier de ses facultés de règlement.

Il ne peut donc pas être fait droit à la demande de délais.

Dispositif

Ce qui s’impose aux parties, dans les termes de la juridiction.

PAR CES MOTIFS,

Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par jugement contradictoire, en premier ressort,

CONSTATE que le bail conclu entre les parties est résilié depuis le 8 avril 2025 ;

CONDAMNE en conséquence M. [Z] [F] à évacuer le logement sis à [Adresse 7], de sa personne, de ses biens mobiliers, ainsi que de tout occupant de son chef ;

DIT n'y avoir lieu à prononcer une astreinte ;

FIXE à 830 euros l'indemnité d'occupation mensuelle due par M. [Z] [F] à la S.C.I. AM à compter de la résiliation du bail et jusqu'à évacuation des lieux et

CONDAMNE M. [Z] [F] à son paiement à compter du 1er janvier 2026 ;

CONDAMNE M. [Z] [F] à payer à la S.C.I. AM la somme de 7 960 euros représentant l'arriéré de loyers et indemnités d'occupation arrêté au 31 décembre 2025, avec intérêts au taux légal à compter de ce jour ;

CONDAMNE M. [Z] [F] à payer à la S.C.I. AM une somme de 500 euros en application des dispositions de l'article 700 du CPC ;

DÉBOUTE M. [Z] [F] de sa demande de délais ;

CONDAMNE M. [Z] [F] aux dépens, comprenant le coût du commandement à hauteur de 129,54 euros.

Le greffier, Le juge,

Les textes cités

Les articles de codes et la convention collective que la décision mentionne, avec leur texte.

Questions fréquentes

Qu’a décidé Tribunal judiciaire de Saverne dans cette affaire ?

Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire). La juridiction a statué le 13 janvier 2026, sous le numéro 25/00191.

Cette décision est-elle publique ?

Oui. Elle provient de Judilibre, la base ouverte de la Cour de cassation, où les décisions sont diffusées après pseudonymisation des personnes physiques.

Puis-je citer cette décision ?

Le texte est reproduit tel que la juridiction l’a rendu, sans réécriture. La référence à citer est 25/00191. Acryos n’ajoute aucun commentaire au corps de la décision.

Source : Cour de cassation, Judilibre, Licence Ouverte 2.0

Le texte affiché est celui publié par la juridiction. Il n’est ni résumé ni reformulé : Acryos n’ajoute que les titres de section et la mise en page.