Demande de contrôle obligatoire périodique de la nécessité d'une mesure d'hospitalisation complète
Sens de la décisiontel que la source le qualifie
Maintien de la mesure de soins psychiatriques
En bref
- Juridiction
- Tribunal judiciaire de Bobigny
- Décision du
- 25 janvier 2024
- Numéro de rôle
- 24/00504
- Formation
- J.L.D. HSC
- Sections balisées
- 4 sur 4
- Longueur
- 921 mots
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Faits et procédure
Qui s’oppose, sur quoi, et par quel chemin l’affaire est arrivée devant cette juridiction.
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE - DÉLAI DE 12 JOURS
ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N° RG 24/00504 - N° Portalis DB3S-W-B7I-YXCZ MINUTE: 24/145
Nous, Aurore SANTISTEVE, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Caroline ADOMO, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
Prétentions et moyens des parties
Ce que chaque partie demande, et les arguments de droit sur lesquels elle l’appuie.
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Madame [D] [F] [M] née le 05 Février 1957 à [Adresse 2] [Adresse 2] [Localité 3]
Etablissement d’hospitalisation: L’EPS DE [4], demeurant [Adresse 1]
Présent (e) assisté (e) de Me Miryam ABDALLAH, avocat commis d’office Absent (e) représenté (e) par Me Miryam ABDALLAH, avocat commis d’office
PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE
Monsieur le directeur de L’EPS DE [4] Absent (e)
MINISTÈRE PUBLIC
Absent
☒ A fait parvenir ses observations par écrit le 24 janvier 2024
Le 16 janvier 2024, le directeur de L’EPS DE [4] a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Madame [D] [F] [M].
Depuis cette date, Madame [D] [F] [M] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de L’EPS DE [4].
Le 22 Janvier 2024, le directeur de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Madame [D] [F] [M].
Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 24 janvier 2024.
A l’audience du 25 Janvier 2024, Me Miryam ABDALLAH, conseil de Madame [D] [F] [M], a été entendu en ses observations.
L’affaire a été mise en délibéré à ce jour.
Motifs de la décision
Le raisonnement de la juridiction : ce qu’elle retient, ce qu’elle écarte, et pourquoi.
MOTIFS
Sur la poursuite de la mesure de soins psychiatriques
Aux termes de l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 du même code que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1.
L’article L. 3211-12-1 du même code dispose que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure, avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l’article L. 3214-3 ou à compter de la décision par laquelle le directeur de l’établissement a modifié la forme de la prise en charge du patient en procédant à son hospitalisation complète.
Il résulte des pièces du dossier et notamment des certificats médicaux établis dans les 24 et 72 heures, de la décision d’admission et de celle de maintien des soins que Madame [M] [D] [W] a été prise en charge et admise en hospitalisation complète après s’être présentée dans un commissariat parisien demandant à porter plainte contre un persécuteur qui l’agresserait aux rayons X et GPS.
Il ressort notamment de l’avis médical motivé du 22 janvier 2024 que la patiente est hospitalisée depuis le 16 janvier 2024 pour troubles du comportement avec recrudescence délirante centrée sur le voisinage. A l’entretien, le contact est correct, le discours spontané, prolixe, véhiculant d’emblée des idées délirantes de persécution de mécanisme hallucinatoire cénesthésique et visuelle. Elle indique recevoir des rayons X via son ordinateur, que ça la brûle et la pique. Elle adhère totalement au délire.
A l’audience de ce jour, la patiente explique qu’elle a été agressée par quelqu’un et qu’elle a souhaité déposé plainte au commissariat, mais qu’à la place elle a été internée alors qu’elle est victime. Elle explique qu’il s’agit d’un camarade de classe de son mari et que sa femme le vole. Elle ne veut pas rester hospitalisée, et souhaite rentrer chez elle car elle n’est pas malade.
Son conseil exposde que le discours de Madame [M] [D] [W] est constant sur le fait qu’elle a subi une agression sans que l’on puisse savoir s’il s’agit d’un délire et que la patiente n’est pas dangereuse, elle demande la mainlevée de la mesure.
Il suit de l’ensemble de ces éléments que cette patiente, au discours très incohérent y compris à l’audience, présente des troubles mentaux qui rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins assortis d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
En conséquence, il convient d’ordonner la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Madame [D] [F] [M].
Dispositif
Ce qui s’impose aux parties, dans les termes de la juridiction.
PAR CES MOTIFS
Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de [4], [Adresse 1], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel,
Ordonne la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Madame [D] [F] [M]
Laisse les dépens à la charge de l’Etat.
Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire,
Fait et jugé à Bobigny, le 25 Janvier 2024
Le Greffier
Caroline ADOMO
Le Juge des libertés et de la détention
Aurore SANTISTEVE
Ordonnance notifiée au parquet le à le greffier
Vu et ne s’oppose :
Déclare faire appel :
Les textes cités
Les articles de codes et la convention collective que la décision mentionne, avec leur texte.
Questions fréquentes
Qu’a décidé Tribunal judiciaire de Bobigny dans cette affaire ?
Maintien de la mesure de soins psychiatriques. La juridiction a statué le 25 janvier 2024, sous le numéro 24/00504.
Cette décision est-elle publique ?
Oui. Elle provient de Judilibre, la base ouverte de la Cour de cassation, où les décisions sont diffusées après pseudonymisation des personnes physiques.
Puis-je citer cette décision ?
Le texte est reproduit tel que la juridiction l’a rendu, sans réécriture. La référence à citer est 24/00504. Acryos n’ajoute aucun commentaire au corps de la décision.