Décision cr

Sens de la décisiontel que la source le qualifie

cassation

En bref

Juridiction
Cour de cassation
Décision du
16 février 2021
Numéro de rôle
19-82.084
Formation
cr
Sections balisées
4 sur 4
Longueur
1 654 mots

Demander à l’assistant

Faits et procédure

Qui s’oppose, sur quoi, et par quel chemin l’affaire est arrivée devant cette juridiction.

N° Q 19-82.084 F-D

N° 00126

GM 16 FÉVRIER 2021

CASSATION

M. SOULARD président,

R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E ________________________________________

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS _________________________

ARRÊT DE LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, DU 16 FÉVRIER 2021

Mme P... A..., M. E... A... et Mme U... X..., parties civiles, ont formé un pourvoi contre l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, 7e chambre, en date du 17 septembre 2018, qui après relaxe de M. V... H... du chef d'homicide involontaire, a prononcé sur les intérêts civils.

Les pourvois sont joints en raison de la connexité.

Des mémoires, en demande et en défense, ainsi que des observations complémentaires ont été produites.

Sur le rapport de M. Leblanc, conseiller référendaire, les observations de la SCP Boutet et Hourdeaux, avocat de Mme P... A..., M. E... A..., Mme U... X..., parties civiles, les observations de la SCP Spinosi et Sureau et de la SCP Rocheteau et Uzan-Sarano, avocats de la société XL Catlin Services SE, M. V... H..., de la société Filia-Maif, et les conclusions de M. Aldebert, avocat général, après débats en l'audience publique du 5 janvier 2021 où étaient présents M.Soulard, président, M. Leblanc, conseiller rapporteur, M. Pers, conseiller de la chambre, et M. Maréville, greffier de chambre,

la chambre criminelle de la Cour de cassation, composée en application de l'article 567-1-1 du code de procédure pénale, des président et conseillers précités, après en avoir délibéré conformément à la loi, a rendu le présent arrêt.

Prétentions et moyens des parties

Ce que chaque partie demande, et les arguments de droit sur lesquels elle l’appuie.

Faits et procédure

1. Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de procédure ce qui suit.

2. O... A..., qui faisait de la planche à voile le 4 octobre 2013 au large de la plage d'Almanarre à Hyères, est décédé des suites d'une collision avec M. V... H..., pratiquant le kitesurf.

3. Sa veuve, Mme U... X..., a porté plainte et s'est constituée partie civile devant le juge d'instruction, lequel a, par ordonnance du 1er février 2016, renvoyé devant le tribunal correctionnel M. H... du chef d'homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité imposée par la loi ou le règlement, en l'espèce en ne respectant pas le règlement international pour la prévention des abordages en mer et en exécutant une manoeuvre non maîtrisée de saut pour passer au-dessus du véliplanchiste.

4. Le 1er avril 2016, le tribunal correctionnel a relaxé M. H... de ce chef.

5. Le même jugement a reçu la constitution de partie civile de Mme U... X..., ainsi que celle des deux enfants du défunt, M. E... A... et de Mme P... A..., a donné acte à la Maif, assureur de M. H..., de son intervention volontaire, a constaté l'appel en cause par M. H... de la société XL Catlin Services SE, assureur de la fédération française de vol libre, et a renvoyé l'affaire à une audience ultérieure sur intérêts civils.

6. Le 6 décembre 2017, le tribunal correctionnel, statuant sur les intérêts civils, a débouté les parties civiles de l'ensemble de leurs demandes.

7. Ces dernières ont interjeté appel de cette décision.

Motifs de la décision

Le raisonnement de la juridiction : ce qu’elle retient, ce qu’elle écarte, et pourquoi.

Réponse de la Cour

Vu l'article 470-1 du code de procédure pénale :

10. Il résulte de ce texte que le tribunal saisi, à l'initiative du ministère public ou sur renvoi d'une juridiction d'instruction, de poursuites exercées pour une infraction non intentionnelle au sens des deuxième, troisième et quatrième alinéas de l'article 121-3 du code pénal, et qui prononce une relaxe, demeure compétent, sur la demande de la partie civile ou de son assureur formulée avant la clôture des débats, pour accorder, en application des règles du droit civil, réparation de tous les dommages résultant des faits qui ont fondé la poursuite.

11. Pour confirmer le jugement entrepris, l'arrêt attaqué énonce que la cour d'appel ne se trouve saisie que de l'appel du jugement du tribunal correctionnel en date du 6 décembre 2017 et que cette décision a fait suite à un premier jugement du même tribunal rendu le 1er avril 2016, qui a relaxé, de manière définitive, M. H... des fins de la poursuite et a, de manière erronée, renvoyé la cause sur les intérêts civils à une audience ultérieure, s'abstenant ainsi de tirer les conséquences de la relaxe prononcée.

12. Les juges ajoutent que la décision frappée d'appel n'a ainsi pu que constater l'autorité de la chose jugée faisant obstacle à toute possibilité pour le juge pénal de retenir une faute civile, rectifiant l'erreur commise sur les intérêts civils dans le jugement du 1er avril 2016.

13. Ils en concluent que la cour d'appel ne peut rechercher, sur la base du jugement déféré, l'existence d'une faute civile éventuellement commise par M. H..., à l'origine de l'accident, aucun appel n'ayant été interjeté sur le jugement en date du 1er avril 2016.

14. En se déterminant ainsi, la cour d'appel a méconnu le texte susvisé.

15. En effet, et en premier lieu, il ressort expressément du jugement du 1er avril 2016 que les parties civiles ont régulièrement sollicité, conformément à l'article visé, l'application de l'article 470-1 du code de procédure pénale dans leurs conclusions.

16. En deuxième lieu, le renvoi à une audience ultérieure opéré par le tribunal, qui ne constitue pas une décision définitive ou mettant fin à l'instance, ne pouvait avoir pour effet de priver les parties civiles de leur droit de faire appel de la décision rendue sur le fond, par le tribunal correctionnel, s'agissant des intérêts civils.

17. Enfin, il appartenait à la cour d'appel, saisie après relaxe prononcée dans le cadre des poursuites exercées pour homicide involontaire, de statuer sur la demande des consorts A... pour, en application des règles du droit civil, statuer sur la réparation de tous les dommages résultant des faits qui ont fondé la poursuite.

18. Ainsi, la cassation est encourue de ce chef.

Dispositif

Ce qui s’impose aux parties, dans les termes de la juridiction.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, en date du 17 septembre 2018, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi ;

RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence, autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;

DIT n'y avoir lieu à application de l'article 618-1 du code de procédure pénale.

ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel d'Aix-en-Provence et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé.

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président le seize février deux mille vingt et un.

Les textes cités

Les articles de codes et la convention collective que la décision mentionne, avec leur texte.

Les textes visés

Ce sur quoi la juridiction fonde sa décision, dans ses termes.

Questions fréquentes

Qu’a décidé Cour de cassation dans cette affaire ?

cassation. La juridiction a statué le 16 février 2021, sous le numéro 19-82.084.

Cette décision est-elle publique ?

Oui. Elle provient de Judilibre, la base ouverte de la Cour de cassation, où les décisions sont diffusées après pseudonymisation des personnes physiques.

Puis-je citer cette décision ?

Le texte est reproduit tel que la juridiction l’a rendu, sans réécriture. La référence à citer est 19-82.084. Acryos n’ajoute aucun commentaire au corps de la décision.

Source : Cour de cassation, Judilibre, Licence Ouverte 2.0

Le texte affiché est celui publié par la juridiction. Il n’est ni résumé ni reformulé : Acryos n’ajoute que les titres de section et la mise en page.